Après avoir gagné l’ensemble du monde islamique central, de l’Iran à l’Irak, à la Turquie et à l’Egypte au cours des VIIe/XIIIe et VIIIe/XIVe siècles, les confréries, (elles jouent un rôle important tout au long de la période ottomane), se trouvent à la pointe de l’islamisation dans les territoires nouveaux qui passent sous domination ou sous influence musulmane tant à l’Est (domaine indo-malais) qu’à l’Ouest (Afrique occidentale, Andalousie).
Elles ont contribué à travers le monde pendant des siècles à la présentation du vrai visage de l’Islam (l’Islam de la beauté et de l’Amour)
Le soufisme n’a pas seulement représenté une pratique et une pensée religieuse spécifique, il a aussi joué en Islam un rôle culturel considérable.
Signalé d’abord dans les encyclopédies littéraires d’époque classique comme une curiosité dont on relève les traits d’une beauté divine , il a bientôt influé sur la poésie d’expression arabe en contribuant à la mode des zuhdiyyat , poèmes ascétiques.
Il est, bien entendu, parti prenante aussi dans la littérature d’édification de la même époque. Mais l’influence du soufisme devient surtout prédominante à partir de l’époque confrérique. Il apparaît alors comme un thème majeur chez tous les grands poètes, surtout ceux de langue persane, avant de passer en d’autres langues (turc ottoman, urdu, etc.). Dans le domaine iranien, mentionnons tout particulièrement Farid Ad-Din ‘Attar (m. 627/1230) et Hafiz de Shiraz (m. 792/1390).
Le soufisme apparaît aussi dans toutes les autres formes d’art: la danse, la musique, mais encore les miniatures qui ornent les grandes œuvres en vers et en prose, surtout dans le domaine indo-iranien. Devenu un des éléments indissociables et fondamentaux de la pensée religieuse, de la mentalité, mais aussi de la sensibilité des sociétés islamiques, il s’est mué en fait de civilisation au plein sens du terme.
La littérature soufie
Contrairement aux écrits des philosophes, les exposés des penseurs et des maîtres soufis, proviennent d’expériences authentiques ;des expériences profondes, vécues au sein des pratiques musulmanes. A signaler, à titre d’exemple , les œuvres de Harith El Mouhassibi, les livres : « Aloumaa » de Abou Nasr Sraj Attoussi, « Kout al Kouloub »(la nutrition des cœurs) de Abou Taleb Almakki, « Taarouf li madhab tassawuf » (l’approche de la doctrine des soufis) de Abou Bakr Kalabadi, « Rissala Kouchairiya » (l’épître Kouchairiya) d’Adel Karim Kouchairi, « Ihyaa ouloum dine »(la renaissance des sciences de la religion), « Michkat anouar »(le luminaire) de Ghazali, « Tabaqat al awliya » (la hiérarchie des saints ) de Abderrahmane Soulami et « Hilyat al Awliya » (la parure des saints) de Abou Naim Asfahani,etc….