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 éléments de biographie



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Né en 1922 à Madagh.

Très tôt, il donne des signes de sainteté, les majadhib du souk d'Ahfir, doués du kashf, se précipitent sur lui, l'embrassent et conseillent à SIDI HAJJ 'ABBAS (R) de prendre soin de lui. SIDI ABU MADYAN (R) lui avait déjà dit "SIDI HAMZA (R) sera quelqu’un de très important".

Il passe une vie normale de petit enfant, entre les champs où son père l'amenait pour qu'il se familiarise au travail de la terre, et la religion : "dans mon jeune âge, j'ai reçu une éducation religieuse, j'ai grandi dans le respect des gens du bien et des principes du Coran".
 

Il suit des études, comme l’exigeait le système éducatif traditionnel à la zawiyya de Madagh: école coranique. Son enseignement  se déroule en quatre temps:

- Apprentissage du Coran (3/4 ans jusqu'à 8/9 ans).

- Sciences religieuses (mutun) : grammaire, fiqh (jurisprudence) pendant six mois.

- Après la mort de son oncle et professeur Sidi al-Mekki (36), SIDI HAMZA (R) part
pour Oujda de 1937 à 1940, pour poursuivre ses études  universitaires.

- Il retourne à la zawiyya de Madagh où pendant 4 ans, il approfondit ses connaissances avec deux grands savants de Fès.


Les sciences du Hadith (exégèses coraniques), Fiqh, grammaire et morphologie sont les principales sciences auxquelles SIDI HAMZA (R) s'est consacré, en plus d'autres sciences traditionnelles, théologie, métrique, rhétorique et logique. Toutes ces études le mènent à la magistrature.


Des sciences exotériques aux sciences ésotériques:


SIDI HAMZA (R) cite toujours avec précisions ses principaux professeurs, parmi lesquels des membres de sa famille et des membres de la tribu des Béni Snassen comme Sidi Ali Qadiri.

 
Après d'assez longues études en sciences religieuses (les sciences de  la shari'a), SIDI HAMZA (R) va se tourner vers les sciences ésotériques grâce à SIDI ABU MADYAN (R) son maître et oncle éloigné qu'il ne connaissait alors que très peu. C'est à la suite de la mort de l'une des sœurs de SIDI HAMZA (R), qu'il vont se rapprocher.


- 1942,
année cruciale : à un mois d'intervalle SIDI HAMZA (R) et son père SIDI HAJJ 'ABBAS (R) vont devenir disciples de SIDI ABU MADYAN (R), et vont suivre son initiation pendant 14 ans. SIDI HAJJ 'ABBAS (R) a alors quarante ans, l'âge traditionnel requis à l'époque, SIDI HAMZA (R) lui, n'en a que dix-neuf ; il vient à peine d'achever sa scolarité. Durant ces quatorze années passées à l'écoute de leur maître, ils ont été attentifs à ses moindres faits et gestes : "durant les quatorze années où nous sommes restés près de notre maître, nous nous sommes consacrés aux actes de dévotion, principalement à la lecture du Coran et à l'invocation ... je l'aimais beaucoup, j'étais en admiration devant la majesté de ses gestes, de ses paroles", raconte Sidi Hamza.
 


- 1955 :
 Avant de mourir, SIDI ABU MADYAN (R) désigne SIDI HAJJ 'ABBAS (R) comme nouveau maître (héritier du Sirr), ce dernier refuse pendant cinq années, et ne prend la direction qu'en 1960 après avoir vu dans le rêve trois fois de suite les anges qui insistaient pour qu’il prenne au sérieux le « Idhn » (autorisation divine) faute de quoi il allait être rayé de la liste des Awliya (saints).
En réalité, SIDI HAMZA (R), comme son père avait déjà l'autorisation (Idhn), mais SIDI HAMZA (R), après la mort de SIDI ABU MADYAN (R), reprend le pacte des mains de son père, et devient son disciple, pendant sept ans.
"La barbe noir ne pousse pas sur la barbe blanche", le fils ne peut devancer le père. Cela fait partie du respect et  des bonnes manières soufies, « Al Adab ».


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- 1972:
 c’est la mort de SIDI HAJJ 'ABBAS (R) après avoir laissé au sujet de Sidi Hamza un testament spirituel et conseillé à ses fuqaras de suivre la voie de SIDI HAMZA (R).



 Revivification du soufisme



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SIDI HAMZA (R) concrétise le renouveau du soufisme déjà entamé par son père.

Ce renouveau s'appuie sur une pratique spirituelle plus souple, que celle du soufisme classique reconnu pour sa rigueur. C'est le passage de la Majesté (Jalal) à la Beauté (Jamal) :
 "le soufisme a changé". Dans l'ancien temps les maîtres faisaient subir à leur disciples des épreuves leur permettant de vaincre leur âme et de vénérer le Sirr qu’il allaient avoir.

Sidi Hamza dit :
"l'épreuve est remplacée par l'invocation(dhikr)", et c’est aujourd'hui au maître, grâce à « la grandeur de sa station », d’élever son disciple vers les plus hauts degrés et les plus hautes stations spirituelles, par le biais de l’amour (al-mahabba) et de l’orientation (at-tawajjuh).
 ***

Les causes de ce changement sont de l’ordre socio-historiques (l’attirance naturelle de l'homme vers la matière, le déséquilibre entre l’esprit et le corps qui a altéré la conscience religieuse, et le fait que la prédisposition à la conscience spirituelle se trouve amoindrie à cause de la multiplication des moyens de distraction et de la destruction de tout ce qui est religieux.)

 Le soufisme s'est adapté à la réalité nouvelle du monde moderne.
 
On assiste à trois grands changements:

 
   -Avant, le maître s'adressait à l'élite spirituelle, pour les amener à la réalisation et ne prenait pas en charge le musulman "ordinaire" (islam/Iman/Ihsan).Mais compte tenu de la crise spirituelle dans laquelle on vit, la pratique même des cinq piliers est mise en danger.
 Donc SIDI HAMZA (R) en tant que maître, va s'adresser à tout le monde, en fonction du niveau de chacun.

   -Le rapport maître/disciple  a changé "autrefois c'est le disciple qui cherchait le maître , aujourd’hui, c'est le maître qui cherche le disciple" la notion de Murid (disciple)dérive de irada:volonté,  tout le sens de la quête dérive de cette volonté , de cette aspiration, de cette soif.
 En effet autrefois ce n’est qu’après plusieurs années de quête, d'errance terrible, d'épreuves que le disciple  trouve son maître.. Aujourd’hui, la quête ou l’ épreuve est éliminé, et du  murid on passe à murad (même étymologie), c’est à dire on passe du désirant(exemple de Sidi Aboumédienne),  au désiré ( c’est le maître qui cherche ses disciples) (exemple de Sidi Hamza).

   -Takhalli (dépouillement)/Tahalli (embellissement) :

Alors que le soufisme classique met l'accent sur le dépouillement plutôt que sur l'embellissement:
le murid doit d'abord  se défaire de ses vices (intérieur et extérieur),tel la jeune mariée qu'il faut dépouiller de ses vieux vêtements, afin de pouvoir la revêtir de ses plus belles parures. Vouloir se défaire de ses vices demande un haut niveau de sincérité, de force  de caractère, difficile à trouver de nos jours. C'est pourquoi le principe c'est inversé:tahalli/takhalli, SIDI HAMZA (R) compare le cœur du novice à une pièce sombre, désordonnée, pour lui apporter de l'ordre il faut d'abord l'allumer, l'illuminer.
 
SIDI HAMZA (R) irradie d'abord le cœur du novice, pour qu'il puisse goûter à cet embellissement, puis une fois la prise de conscience spirituelle entamée, le murid est prêt pour la deuxième étape,  le dépouillement. Toutes ces réformes ne changent en rien le principe du soufisme, le dépôt "amana" dans le Coran ou le (sirr) reste le même c’est la méthode , la pédagogie (propriété du maître vivant) qui a changé.



 
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