25 conférenciers internationaux se sont à nouveau rendu à la Zawiya Qadiriya Boutchichiya les 7, 8 et 9 Mars 2009, pour débattre de ce que l’éducation soufie peut apporter aux sociétés modernes.

A l’occasion de la commémoration de la naissance du Prophète, plusieurs universitaires, chercheurs et intellectuels du monde entier se sont réunis à Madagh ce weekend dans le cadre de la troisième Rencontre Mondiale du Soufisme. C’est dans ce petit village de la commune de Berkane que plus de 25 spécialistes ont été invités par la Zawiya Qadiriya Boutchichiya pour échanger et débattre sur le thème de l’éducation soufie.

Animées par des chercheurs marocains et étrangers spécialistes en philosophie, sociologie, communication, économie et relations internationales, les Rencontres Mondiales du Soufisme ont pour objectif de faire connaître les vertus du soufisme au public et de révéler une facette de l'Islam trop peu connue, à savoir sa dimension intérieure et spirituelle.

 

Parmi les intervenants, nous pouvions compter Dr Déborah Kapchan, professeur à New York University, Dr Abdelilah Benmalih, professeur à l’Université Sidi Mohamed ibn Abdallah, Dr Zakiya Zwanate, professeur à l’Université Mohammed V, Dr Mounir El Kadiri Boutchich, directeur du CEMEIA, Dr Adone Brandalise, professeur à l’Université de Padova, Dr Abderrahman Taha, professeur à l’Université Mohammed V, Dr Abdelwahab Filali, professeur à l’Université Sidi Mohamed ibn Abdallah, Dr Abdelatif Chahboun, professeur à l’Université Abdelmalik Sa’di, ou encore Dr Waddick Doyle, professeur à l’Université Américaine de Paris.

Pendant trois jours de conférences, ils ont chacun débattu sur de nombreux sujets tous plus fascinants les uns que les autres, tels que le modèle prophétique et les sources de l'éducation soufie, le soufisme et le dialogue des cultures, les valeurs spirituelles du Prophète, ainsi que l’apprentissage du cœur à travers l’audition spirituelle (sama‘).

 En présentant le soufisme dans le contexte de la société actuelle, et en l’impliquant dans le processus d’échange et de dialogue entre les civilisations, cet événement offre de nouvelles perspectives sur les bienfaits moraux de l’éducation soufie et propose cette éthique spirituelle comme un moyen pour les individus de vivre la modernité tout en retrouvant leur véritable nature : une nature noble et apaisée. En effet, en tant qu’écoles d’éducation et de cheminement spirituel, les voies soufies ont toujours joué un rôle important pour sauvegarder l’équilibre intérieur des individus et de la communauté, car elles ont pu adapter leurs outils éducatifs spirituels en fonction des lieux et des époques.

Le soufisme, cœur de la spiritualité musulmane, assume le rôle d’équilibre entre les aspects extérieur et intérieur du rapport au Divin. Il a pour finalité de purifier le cœur de l’homme, de le libérer de l’hypocrisie, de le pousser au dépassement de l’individualisme et de l’amener à un épanouissement véritable. L’éducation soufie ne doit donc pas être considérée comme un simple héritage à sauvegarder, ou comme l’objet occasionnel de discours nostalgiques. Il s’agit en vérité de valeurs morales vivantes que chaque individu doit chercher à acquérir.

 La Tarîqa Al-Qadiriya Al-Boutchichiya, connue dans le monde entier, participe activement à la transmission et la diffusion des ces valeurs traditionnelles et universelles propres au soufisme. Suivant le modèle prophétique, les maîtres de cette Tariqa qui se sont succédés ont tous œuvré pour enraciner la noblesse du comportement dans le cœur des hommes.

Aujourd’hui, la Tarîqa Al-Qadiriya Al-Boudchichiya souhaite faire connaître à l’opinion publique internationale toute la richesse de ce capital spirituel indispensable au dialogue des cultures et des religions.
 

C'est dans cette optique que s'inscrit la troisième Rencontre Mondiale sur le Soufisme.