- Considérée comme l’une des grandes saintes de l’Islam, Rabi’a al-‘Adawiyya (m. 185H./801 J.C.) est la figure qui illustre par excellence la sensibilité de l’amour spirituel féminin. Elle fut parmi les autres saintes, celle qui a le plus exprimé son Amour pour Le Seigneur par ses actes, ses paroles et ses poèmes.

- Elle refusa la demande en mariage, faite par de riches et pieuses personnes, et mena une vie de célibat consacrée exclusivement à la dévotion, à la contemplation et au pur Amour de Dieu. Et en ce sens, elle contribua grandement à l’apparition de cette piété féminine qui allait marquer de son empreinte toute la postérité.

- Grâce à ses nombreux disciples, son rayonnement spirituel demeure vivace et son expérience personnelle continue de susciter bien des vocations jusqu’à nos jours. Ces disciples ont su transmettre sa doctrine d’Amour que résume cette confidence de Rabi’a :

« Mon Dieu, si je T’adore par crainte de Ton Enfer, brûle-moi dans ses flammes, et si je T’adore par crainte de Ton Paradis, prive m’en. Je ne T’adore, Seigneur, que pour Toi. Car Tu mérites l’adoration. alors ne me refuse pas la contemplation de Ta Face majestueuse ».

La Générosité du Cœur

Elle ne se conformait pas aux vérités acquises.
Sa mission était d’éveiller ses compagnons et leur apprendre la sincérité avec Dieu.

- En quoi consiste la générosité ?
- La générosité consiste à L’adorer par amour pour Lui-même,
sans avoir en vue des récompenses ni des rétributions !


La Joie du Jugement Dernier

On demanda à Rabi’a : « Quelle grâce veux-tu obtenir en priant avec une telle fréquence et avec tant d’ardeur ? » 

 Elle répondit : « Je ne désire aucune récompense pour mes bonnes actions. Je le fais pour que, le jour de La Résurrection, le Prophète Muhammad – que Dieu lui accorde le salut et la paix – éprouve de la joie et dise à tous les autres Prophètes – que Dieu leur accorde le salut - : « Regardez bien cette femme de ma communauté ! Voici ses bonnes actions ! »


La Pudeur d’une Ascète

Quelques dévots allèrent trouver Rabi’a, la voyant couverte d’un vêtement déchiré, ils lui dirent :
« Bien des gens te donneraient une aide si tu la leur demandais ! »
Elle regarda le ciel et leur répondit : « Je rougirais de demander des biens de ce-monde à qui que ce soit. Ces biens n’appartiennent à personne en vérité. Ce sont des prêts entre les mains de leurs propriétaires ! »

L’Amour

« Entre l’amant et le bien-aimé, il n’y pas de distance, ni de parole, que par la force du désir, ni de description, que par le goût.
Qui a goûté, a connu. Et qui a décrit ne s’est pas décrit. En vérité, comment peux-tu décrire quelque chose, quand en sa présence tu es anéanti ?
En son existence, tu es dissout ? En sa contemplation, tu es défait ?
En sa pureté, tu es ivre »"