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Ce qui est requis du pauvre en Allah (faqir) est qu’il soit souple dans son raisonnement (fikr) et centré sur la remémoration (dhikr), courtois dans le désaccord (munaza’a) et prêt à aider à la réconciliation (muraja’a). Il ne doit rien chercher chez le Seigneur de la Vérité sauf la Vérité (Haqq), et il ne doit rien pratiquer à part la véridicité (sidq). Il doit être le plus tolérant des gens, ainsi que le plus discret. Son rire doit être du genre joyeux et souriant, et sa curiosité doit être un instrument pour apprendre.

Il doit être un rappel pour l’inconscient, et un éducateur pour l’ignorant. Il ne doit pas faire du mal à ceux qui lui en font, et il ne doit pas se mêler de ce qui ne le regarde pas.

Il doit donner beaucoup sur le chemin des faveurs, mais peu sur le chemin de l’offense. Il doit être attentif à s’abstenir des choses illicites, et se tenir bien loin des choses à la licéité douteuse (shubuhat). Il doit être un secours (ghawth) pour l’étranger, et un père pour l’orphelin. Sa joie doit être apparente sur son visage, tandis que sa tristesse est gardée dans son cœur. Il doit être absorbé par sa contemplation (fikr) et heureux de sa pauvreté (faqr). Il ne doit pas dévoiler un secret, ni soulever un voile. Il doit être gracieux dans ses mouvements, libéral dans sa gentillesse, charmant dans son apparence, généreux pour en faire bénéficier les autres, raffiné dans ses goûts, excellent dans son caractère moral, et vraiment doux.

Il doit être une substance précieuse qui se fond et coule. Il doit être long dans son silence (samt) et agréable dans ses manières (na’t), il doit se contenir quand on le traite inconsidérément, et être très patient avec celui qui le traite mal. Il ne doit pas y avoir de gel (jumud) des sentiments en sa présence, et pas d’extinction (khumud) du feu de la Vérité. Il ne doit jamais être calomniateur (nammum), envieux (hasud), impétueux (‘ajul), ou malveillant (haqud). Il doit traiter les anciens avec déférence, et les jeunes avec compassion.

Il doit être digne de confiance (amana) et éloigné de la trahison (khiyana). Il doit être toujours sur le qui-vive, et être vigilant dans sa pratique. Son habitude doit être la véritable dévotion, et la modestie doit être sa disposition naturelle. Il doit se satisfaire de peu, et être très endurant dans la souffrance. Il doit être insignifiant à ses propres yeux, mais être important à ceux de ses frères. Son comportement doit être un exemple de bonnes manières, (adab) et son discours doit être une merveille ( ‘ajab). Il ne doit jamais exulter face à la misère d’autrui, ni dire du mal de qui que ce soit dans son dos.

Il doit être digne et très patient, satisfait et très reconnaissant. Il ne doit passer que peu de temps en paroles, et faire une pratique régulière de la prière rituelle (salat) et du jeune. Il doit être fiable de langue et ferme de cœur. Il doit traiter ses hôtes avec une hospitalité cordiale, et fournir à tout ceux qui sont présents toute la nourriture disponible. Quand un désastre lui arrive, ses voisins ne doivent pas en être affectés en retour.

Il ne doit pas être quelqu’un qui abuse verbalement (sabbab), un médisant (mughtab), un calomniateur (ghayyab), un diffamateur (nammam), ou quelqu'un qui cherche les défauts d’autrui (dhammam). Il ne doit pas être impétueux (‘ajul), insouciant (ghaful), envieux (hasud), irritable (malul), malicieux (haqud), ou ingrat (kanud).

Il doit avoir une langue qui est rangée (makhzun), un coeur qui est soucieux (mahzun), une façon de parler qui est mesurée (mawzun), et une façon de penser qui doit voyager loin et large, à travers ce qui a été, et ce qui est à venir (ma yaun).