Louange à Dieu qui a rempli de son amour les cœurs de ses saints. Il les a préparés intérieurieurement pour qu’ils acquièrent Sa connaissance et que la prière et la bénédiction soit sur notre Prophète, source de science et de lumière et que Dieu soit satisfait de ses compagnons pieux et de sa famille pure.

Dieu a dit : « O croyants, Dieu substituera à ceux qui renoncent à leur religion un peuple qu’Il aimera et qui l’aimeront. » ; et Dieu dit aussi à travers la bouche de son Prophète dans le Saint Coran: « Si vous aimez Dieu, suivez-moi, Dieu vous aimera et vous pardonnera vos pêchés ».

L’amour de Dieu est l’objectif ultime. Il est dit dans un hadith qudsi : « les gens qui m’aiment sont mes élus. Si ils n’existaient pas, jamais je ne porterais mon regard sur la terre ». Ceci fait donc de l’amour le degré le plus élevé de la foi. Aucune branche de la foi ni aucune station spirituelle ne le surpassent.

Tout bon comportement, qu’il soit intérieur ou extérieur, qu’il soit un acte d’adoration ou un acte effectué en société, n’est que la conséquence de l’amour. Les stations spirituelles telles que le repentir, la patience, le renoncement, ne sont que des étapes intermédiaires sur un cheminement que couronne la station de l’amour. Le Prophète (PBSL) dit : « Il existe trois choses qui, une fois acquises, donneront du goût à votre foi : un amour pour Dieu et le Prophète supérieur à l’amour de toute autre chose, un amour pour les gens procédant d’un amour exclusif pour Dieu et le fait de détester l’apostasie comme on détesterait être jeté en enfer. »

La nature de l’amour divin est tel qu’il ne peut être évalué plus clairement que par celui qui a expérimenté cet amour. Les explications et les définitions sont autant de voiles qui ne font en fait que le dissimuler. Il s’agit d’un état et d’un degré de foi qui ne s’expérimentent que par le goût.

A propos de l’amour, le saint de l’Islam Sidi Abd al-‘Aziz Ibn Dabbagh, que Dieu l’agrée, dit : « Personne ne peut parler de l’amour à part celui qui l’a expérimenté et celui qui l’a expérimenté en est tellement envahi qu’il ne peut en parler ». Que Dieu nous permette d’atteindre ce degré d’amour pour lui, pour son Prophète et pour ses bien-aimés.

C’est la raison pour laquelle lorsqu’on a posa à l’Imam Junayd, que Dieu l’agrée, une question au sujet de l’amour, il eut pour seule réponse des larmes, d’intenses battements de cœur et des cris exprimant son désir ardent vis-à-vis de Dieu. C’est aussi ce qui explique que le prophète plaçait les mains au niveau de son cœur lorsqu’il priait. Les compagnons témoignent du fait qu’on finissait, à cause de cette pression sur le cœur, par entendre les battements de celui-ci. Ceci prouve que le siège de l’amour se situe au niveau du cœur. Dieu ne dit-il pas dans le hadith qudsi suivant : « Ni mes cieux, ni ma terre ne peuvent me contenir si ce n’est le cœur de mon serviteur pieux. »

On raconte dans les histoires des prophètes que ‘Issa (PSL) rencontra un jour un jeune homme qui était en train d’arroser un jardin. Celui-ci demanda à Sidna ‘Issa d’intercéder pour lui auprès de Dieu afin qu’Il lui accorde un atome d’amour pour lui. ‘Issa lui repondit qu’il ne pourrait pas supporter cela. Le jeune homme ne demanda alors que la moitié d’un atome. ‘Issa se chargea pour lui de cette demande et reprit son chemin.Quelques années plus tard, Sidna ‘Issa repassa au même endroit et s’enquit du jeune homme. On lui répondit qu’il s’était isolé dans la montagne. ‘Issa se rendit donc à l’endroit indiqué et le vit assis sur un rocher qui contemplait le ciel. Il le salua mais le jeune homme ne répondit pas. Dieu révéla alors à son Prophète que par Sa Gloire et Sa Majesté, Celui qui aura un demi-atome de Son amour ne pourra plus entendre les humains et que même si on devait le couper en deux morceaux il ne sentirait rien du tout. Et c’est bien cet amour qui a permis aux compagnons de se détacher du monde terrestre. Sidna Abou Bakr disait au Prophète que ce qu’il préférait par-dessus tout c’était de s’asseoir avec lui, le regarder et lui donner tout ce qu’il possédait.

Un saint disait à propos de l’amour : « Celui qui prétend avoir trois qualités sans s’être purifié de trois défauts n’est qu’un orgueilleux. Ainsi en est-il de celui qui prétend avoir le goût de l’invocation de Dieu alors qu’il est encore attaché à ce bas monde ou de celui qui prétend être sincère alors qu’il est encore attaché aux jugements des gens ou encore de celui qui prétend aimer Dieu alors qu’il ne s’est pas anéanti en Lui. »

Le Prophtète (PBSL) a fait de l’amour une obligation de la foi. Il dit dans un hadith : « Nul d’entre vous n’est véritablement croyant tant que Dieu et son messager ne sont pas aimés de lui plus que toute autre chose ». On voit donc que le Prophète n’a cessé d’orienter ses compagnons vers l’amour parce que c’est une station spirituelle noble qui a un grand effet sur le comportement du croyant. Il leur a montré que le fait de l’aimer est indissociable de l’amour de Dieu en disant par exemple : « Aimez Dieu pour ces bienfaits et aimez-moi pour l’amour de Dieu ». Une fois qu’ils eurent goûté à cet amour, leur vie fut consacrée à Dieu.

Abou Bakr Siddiq- que Dieu l‘agrée- disait : « Il suffit de goûter au véritable amour de Dieu pour se détacher de ce bas monde. »

Louange à Dieu qui a fait de son Prophète une miséricorde pour l’humanité, de l’amour pour ses saints un amour pour son Prophète et de l’amour pour son Prophète un amour pour Lui. Chez les connaissants, l’amour est un domaine réservé à Dieu et personne ne mérite d’être aimé si ce n’est par amour pour Dieu. Dans un hadith qudsi, Dieu dit : « Je suis au-delà de l’association ». Dans un autre hadith qudsi, Dieu dit : « Mon amour et l’amour de ce bas monde ne peuvent être corrélés chez mon serviteur véridique».

Enfin, on terminera notre exposé sur la notion d’amour par cette histoire que l’Imam Ghazali rapporte dans son œuvre la Revification des sciences de la religion : Le prophète ‘Issa (PSL) passa devant trois personnes amaigries dont le visage était émacié. Etonné de les voir ainsi, il leur demanda ce qu’elles avaient. Ils répondirent : « Nous avons peur de l’enfer». Et ‘Issa poursuivit : « Il appartient à Dieu d’apaiser la crainte ». Il rencontra ensuite trois autres personnes dans le même état. Il leur demanda ce qu’elles avaient et celles-ci répondirent : « Nous aspirons au paradis ». Et ‘Issa poursuivit: « Il appartient à Dieu de vous donnez ce que vous espérez». Enfin, il rencontra encore trois nouvelles personnes dont le corps était amaigri et le visage illuminé. Il les interrogea sur leur état et elles répondirent : « Nous aimons Dieu ». ‘Issa (PSL) leur dit alors : « Vous êtes les rapprochés, vous êtes les rapprochés, vous êtes les rapprochés ».