Le terme « soufisme », Tasawwuf en arabe, est défini comme un enseignement initiatique, une progression spirituelle qui comporte différentes étapes de purification de l’âme. Le soufisme a été transmis dès les premiers siècles de l’Islam par de petits groupes de maîtres. C’est aux alentours du 12ème siècle que celui-ci prend une nouvelle forme en s’organisant en confréries, appelées « turuq » en arabe. La voie ou tarîqa est un ensemble de personnes qui accompagnent un maître spirituel réalisé : le Cheikh ou l’héritier mohammadien. Les turuq appliquent l’enseignement de la tradition mystique héritée du prophète (PSL) . Cet enseignement porte moins sur la doctrine juridique que sur les principes de la voie et les règles concernant les pratiques initiatiques.



Un grand nombre de personnes ne comprend pas le rapport qui existe ent re le soufisme et l’Islam, différenciant ces deux termes jusqu’à les séparer. On rencont re ainsi des savants issus de grandes universités de renom qui vont jusqu’à exclure le soufisme de l’I slam en le considérant comme une innovation. La religion musulmane repose sur t rois piliers : L’I slam, l’Imân et l’Ihsân. On retrouve cet te idée dans le hadith rapporté par Omar (RA) : « Un jour que nous étions assis auprès de l’Envoyé de Dieu (PSL) voici qu’apparut à nous un homme aux habits d’une vive blancheur, et aux cheveux d’une noirceur intense, sans trace visible sur lui de voyage, personne parmi nous ne le connaissait. I l vint s’asseoir en face du Prophète (PSL) , plaça ses genoux contre les siens et posant les paumes de ses mains sur ses deux cuisses, il lui dit : O Mohammed : informe-moi au sujet de l’Islam. L’Envoyé de Dieu (PSL) lui répondit : l’Islam est que tu témoignes qu’il n’est pas de divinité si ce n’est Allah et que Mohammed est l’Envoyer d’Allah ; que tu accomplisses la prière ; verse la Zakat ; jeûnes le mois de Ramadan et effectues le pèlerinage vers la Maison sacrée si tu en a la possibilité. Tu dis vrai ! dit l’homme. Nous fûmes pris d’étonnement de le voir, interrogeant et le Prophète approuver. Et l’homme de reprendre : informe moi au sujet de la foi ( al- Imân) . C’est, répliqua le Prophète (PSL) , de croire en Allah, en Ses Anges, en Ses Livres, en Ses Apôtres, au Jour dernier et de croire dans le destin imparti pour le bien et le mal. Tu dis vrai, répéta l’homme qui reprit en disant : informe-moi au sujet de l’excellence (Al-Ihsân) . C’est, répondit le Prophète (Bénédiction & Salut sur lui) que tu adores Allah comme si tu le vois car si tu ne le vois pas, certes, Lui te voit. L’homme dit : informe-moi au sujet de l’Heure. Le Prophète (PSL) répondit : L’interrogé n’en sait pas plus que celui qui l’interroge. L’homme demanda alors : quels en sont les signes précurseurs ? C’est, dit le Prophète (PSL) lorsque la servante engendrera sa maîtresse, et lorsque tu verras les pâtres miséreux pied nus et mal vêtus rivaliser dans l’édification de constructions élevées. Là-dessus l’homme s’en fut. Quand à moi je restais un moment. Ensuite le Prophète (PSL) me demanda : O Omar sais- tu qui interrogeait ? Je répondis : Allah et son Envoyé en savent plus. C’est l’Archange Gabriel qui est venu vous enseigner votre religion, dit le Prophète (PSL).»

Ces trois degrés ont été illustrés par les savants comme étant symboliquement les trois couches d’un seul fruit : l’écorce correspond à l’Islam, la pulpe à l’Iman (degré de la foi) et enfin le noyau à l’Ihsan et à la Haqiqah (ou vérité essentielle). L’on ne peut ainsi accéder au degré de l’Iman sans passer par celui de l’Islam, ni à celui de l’Ihsan sans celui de l’Iman. Le domaine propre au soufisme est celui du noyau ainsi que des moyens pour l’atteindre.