On raconte qu’un disciple était la Zawiya (l’endroit où se réunissent les soufis) avec son Cheikh (son Maître spirituel); il s’occupait à balayer comme d’habitude. Un étranger entra et demanda à parler au Cheikh qui accepta de le recevoir.

L’étranger lui dit : je viens te voir pour ma réussite personnelle, matérielle, je ne suis pas du tout intéressé par la vie spirituelle, ce que je veux c’est Dunya (le bas monde).

Le Cheikh lui répondit : pour moi Dunya c’est ca ! en désignant la poussière que le disciple avait amassée.


Sans un mot l’étranger ramassa la poussière et partit.


Une année passa. Le disciple s’occupait toujours du service à la zawiya. Et l’étranger revint les voir. Il raconta qu’à son retour chez lui, il avait saupoudré la poussière qu’il avait ramassée dans son unique magasin. Aujourd’hui il était content d’annoncer qu’il avait huit magasins !


Quand le disciple entendit cela il se tourna vers le Maître et lui dit qu’il était estomaqué de voir un étranger recevoir la bénédiction du maître et réussir de cette façon, alors que lui peinait jour et nuit à son service sans rien recevoir.


Le Cheikh lui répondit : ne te fâche pas. Ce que nous te réservons est infiniment meilleur que tout cela. Sois patient. Le disciple ne voulu rien entendre. Il enleva sont tablier, quitta la zawiya et son Cheikh, il quitta même le Maroc pour l’Espagne où il se maria et oublia même la prière canonique.


Les années passèrent et vint alors la dernière heure pour le disciple. Sur son lit de mort, il se retrouva entouré de la famille de sa femme, avec aucun musulman pour l’assister.


C’est à ce moment que son Cheikh lui apparut, l’exhortant à dire La ilaha illallah, Il n’y a de Dieu que Dieu, la parole qui si elle est prononcée à la fin de la vie assure la félicité éternelle. C’est ainsi que le disciple fut sauvé.


Les soufis disent que l’on ne connaîtra la valeur du Maître spirituel qu’au moment de la mort.