En effet, il est dit dans les « sagesses célestes » du cheikh al 'alawi « Ta nature intérieure devient la même que celle de ton compagnon. Fréquenter quelqu'un, c'est devenir comme lui ».

Abou Madyan al ghawth nous indique quant à lui « Les gens ne se sentent bien qu'en compagnie de ceux qui leur ressemblent, et on prend ses amis pour modèles ».

La fréquentation se traduit forcément par une affinité, au moins d'une certaine façon. Quelqu'un dit un jour à un connaissant: « les gens du commun disent beaucoup de bien de toi ». Ce dernier pleura et répondit: « Alors c'est qu'ils ont trouvé en moi quelque chose d'eux mêmes ! ».


Le terme « soufisme », Tasawwuf en arabe, est défini comme un enseignement initiatique, une progression spirituelle qui comporte différentes étapes de purification de l’âme. Le soufisme a été transmis dès les premiers siècles de l’Islam par de petits groupes de maîtres. C’est aux alentours du 12ème siècle que celui-ci prend une nouvelle forme en s’organisant en confréries, appelées « turuq » en arabe. La voie ou tarîqa est un ensemble de personnes qui accompagnent un maître spirituel réalisé : le Cheikh ou l’héritier mohammadien. Les turuq appliquent l’enseignement de la tradition mystique héritée du prophète (PSL) . Cet enseignement porte moins sur la doctrine juridique que sur les principes de la voie et les règles concernant les pratiques initiatiques.

 

C’est le martyr de la voie de la vérité.

Originaire de Beïza, dans la province de Chiraz. Il avait été élevé à Vaciet. Il resta pendant deux ans au service d’Abdou Allah Techteri. A huit ans il se rendit à Bagdad puis à Basra, où il resta au service de Omar Ben Osman Mekki. Abou Ya’qub Aqta’ ayant donné sa fille en mariage à Mansour, Omar Ben Osman en conçut du ressentiment contre celui-ci, qui alors quitta Basra pour Bagdad, où Djuneïd le fit vivre en retraite. Au bout de quelques temps, il partit pour la Ke’abah, dont il devint un visiteur assidu. Puis il retourna à Bagdad, où Djuneïd le recueillit dans sa maison. Comme Mansour lui posait des questions sur plusieurs points obscurs et difficiles, Djuneïd lui dit : « Ô Mansour ! il n’est pas loin le temps où tu feras rougir la tête du gibet.


Le jour où je ferais rougir la tête du gibet ? répondit Mansour.
Tu rejetteras le vêtement du derviche pour celui du commun des hommes. »

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La sincérité, c'est faire abstraction des exigences de l'âme; Lorsqu'on s'oriente vers Dieu le Très-Haut et ne compter que sur la sérénité de la certitude: ou, faire coïncider l'extérieur et l'intérieur dans les paroles, les actes et le comportement; ou tenir toujours jalousement gardés les secrets du miséricordieux.

En brève, c'est l'état de l'âme purifiée de toute préoccupation étrangère. La différence entre la sincérité et la pureté d'intention est que cette dernière empêche le péché d'association manifesté ou cacher, tandis que la sincérité annule l'hypocrisie et la complaisance trompeuse en toutes choses.

Pour illustré le rapport entre la sincérité et la pureté d'intention, on peut dire que la première est comme le lavage à l'issue duquel l'or se trouve débarrassé de sa gangue: elle préserve l'intention pure des atteinte de l'hypocrisie et la purifie du trouble de l'illusion. L'homme pure d'intention, en effet, n'est pas a l'abri des complaisance de l'âme et des sollicitation de la passion, à la différence de l'homme sincère qui, lui, chasse les complaisances trompeuses et dissipe les sollicitations; car nul ne respire le parfum de la sincérité qui se trompe lui même, ou trompe autrui, dans les petites ou grande choses.