Dans une vie obscure ensevelis-toi : ce qui pousse avant d'être mis en terre ne parvient pas à maturité.
(Hikam de Ibn 'Ata Allah)




Le terme "S'ensevelir" signifie se dissimuler et se cacher.

"L'obscurité", c'est perdre la position que l'on a auprès des gens.

L'expression "Ce qui pousse" est une métaphore pour les sagesses, les dons et la connaissance que l'esclave obtient d'Allah.

Cette hikma veut dire le murid pour progresser dans la Voie doit rechercher la sincérité et que la sincérité ne peut être atteinte qu'en méprisant son âme et en rejetant l'envie qu'à l'âme d'attirer la bonne opinion sur elle.

La recherche du prestige et de la bonne opinion des gens est un poison mortel qui bloque le disciple en l'empêchant d'être sincère envers Dieu.

Ibn 'Ajiba écrit :
Murid, cache ton âme et enterre-là dans l'obscurité jusqu'à ce que cette situation lui devienne normale, jusqu'à ce qu'elle en soit heureuse et trouve cela plus doux que le miel, et jusqu'à ce que le fait de se montrer lui paraisse plus amer que le coloquinte.

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Ce qui est requis du pauvre en Allah (faqir) est qu’il soit souple dans son raisonnement (fikr) et centré sur la remémoration (dhikr), courtois dans le désaccord (munaza’a) et prêt à aider à la réconciliation (muraja’a). Il ne doit rien chercher chez le Seigneur de la Vérité sauf la Vérité (Haqq), et il ne doit rien pratiquer à part la véridicité (sidq). Il doit être le plus tolérant des gens, ainsi que le plus discret. Son rire doit être du genre joyeux et souriant, et sa curiosité doit être un instrument pour apprendre.

Abu ‘Abdullah an-Nu’man le fils de Bachir (qu’Allah les agrée tous deux) rapporte qu’il a entendu l’Envoyé de Dieu (qu’Allah prie sur lui et le salue) dire :

« Est évident ce qui est licite comme est évident ce qui est illicite.
Entre les deux domaines, il est des choses qui suscitent le doute et que bien peu de gens connaissent.

Aussi, celui qui se garde des choses douteuses, a-t-il préservé, par là même, sa religion et son honneur. Car celui qui s’aventure dans les domaines du doute, s’aventure en fait, dans l’illicite.

Tel le berger dont les bêtes pâturent autour d’un enclos réservé, risquant à tout moment d’y pénétrer. Or, tout souverain possède un domaine réservé, celui d’Allah lui, est l’ensemble de ses interdictions.
Eh bien ! il y a dans le corps un morceau de chair qui, s’il est sain, rend tout le corps sain ; mais s’il est corrompu, tout le corps devient corrompu. Eh bien ! il s’agit du cœur. »

Il s’agit de Abou ISHAK IBRAHIM Ibnou ADHAM AL BALKHI, né à la Mecque , et mort en 161 de l’hégire. Après sa naissance, sa mère a fait le tour de la ville pour demander aux gens de prier pour lui, afin qu’il devienne un homme vertueux et Dieu l’a exaucé.

Il était prince. Un jour, sortit pour la chasse et en pleine poursuite d’un renard, il a entendu une voix de la direction de sa selle, lui disant « tu n’as pas été créé pour ça, ni ordonné à faire ça ». Immédiatement, il est descendu de sa monture, puis il a rencontré un berger, il a pris ses vêtements qui étaient en laine et il lui a donné les siens ainsi que son cheval. Il s’est dirigé vers la Mecque où il a accompagné Soufiane Thaouri et Fodail Bnou Iyad.