Dans un autre verset, s’adressant au prophète (PBSL), Dieu dit : « Arrête-toi en compagnie de ceux qui invoquent Dieu matin et soir et qui cherchent son visage ». Ibn ‘Abbas, que Dieu les agrée tous deux, rapporte : « Quelqu’un demanda : « O Prophète ! Quelle est la meilleure personne à côté de laquelle on s’asseoit ». Il dit : « C’est celui dont la vue vous rappelle Dieu, dont les paroles ajoutent à votre science et dont les actes vous rappellent l’au-delà ».

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Pour trancher la question, on demande à deux savants de Fez, Al Qabbâb (Abul Abbâs Ahmad Ibn Qâsim)et Ibn Abbâd al Rundi de trancher la question sur la base d’un manuscrit qui consigne fidèlement la dispute et les arguments échangés. Ibn Khaldûn qui séjourne à ce moment à Fez, fournit une réponse à la controverse qui va bien au delà de la question posée, car non seulement il répond sur la question du Cheikh mais fait un véritable petit traité sur la nature et l’évolution du soufisme.

 

 

Le présent article est le résumé de la conférence de sidi Abdelhaqq Daniel Roussange lors de la conférence du 21 avril 2007 lors de la grande soirée au thêatre Adyar à Paris "Chants Soufies: Poésie des Coeurs":

L’amour du prophète dans le soufisme



L’amour est le principe des êtres existenciés. Selon le hadith qudsi : « j’étais un Trésor caché et j’aimai à être connu ». Cet Amour principiel se reflète dans la constitution du Prophète ; c’est pourquoi il est L’aimé d’Allah (Habibullah), celui dont la création procède de l’Amour, et il est la meilleure des créatures (Khayr al-bariyya). Le Coran et la sunnah exalte et incite le croyant à amour d’Allah et de son Prophète ; il suffit de citer ce hadith rapporté par Anas : « Aucun de vous n’est véritablement croyant, tant que je ne suis pas plus cher pour lui que sa propre âme » (lâ yu‘minu ahadukum hatta akuna ahabba ilayhi min nafsihi). Abû Sufyan, alors qu’il était encore parmi les opposants à l’islam naissant témoigna dans ce sens : « je n’ai jamais vu des hommes aimer autant un homme comme les compagnons du prophète aimèrent celui-ci ».

Mais pour les soufis, l’Amour de Dieu (al-mahabah) est inséparable de la (ma’rifat), seul celui qui connaît aime vraiment. Aussi Allah à fait descendre dans le cœur de l’homme la connaissance, et c’est par cette connaissance que se fait l’effusion d’amour. Cette connaissance est un dévoilement qui engendre dans le cœur de l’homme le mouvement d’amour. Le symbole de cet Amour divin et éternel, c’est le Vin. Il est la boisson de l’Amour divin qui provient de la contemplation des traces des plus beaux noms dit Nabulusi dans son commentaire du premier vers de la Khamriyya de Ibn al-Farid. Ce vin enivre les amoureux (al-ushâq) et c’est sa lumière que contemplent les cœurs des amants (al-muhibbun) qui ne font que répondrent à l’effusion divine ; car Dieu a dit : « Il les aime et ils L’aiment » (…yuhibbuhum wa yuhibbûnahu…V, 59).

La "Nur Muhammadi"



Quant au Prophète Bien-Aimé, le Seigneur des deux mondes et des deux catégories d’êtres, il est l’homme parfait, la pleine lune (Badru tammam), en lui s’épiphanise (tajallî) la Vérité. La pleine lune est une désignation de la lumière muhammadienne (nur al-muhammadi), par laquelle est dévoilé la beauté de l’Essence divine. Elle est celle à laquelle aspire l’amoureux et le disciple de la voie soufie par un désir ardent. Et c’est en s’identifiant à cette lumière Muhammadienne, «reflet de Dieu et récapitulation cosmique de la création » que la contemplation d’Allah est la plus parfaite, car Muhammad est la plus parfaite des créatures et comme le dit Ibn Mashish dans la salat al-mashashiyya, et il est «… le voile suprême tendu devant la Face divine… »

Bien entendu, nous sommes au cœur de l’expérience mystique, ou le Saint Prophète est aimé et vénéré à la fois dans sa réalité humaine et dans sa réalité intérieure et universelle, donc métahistorique, ainsi qu’il l’a énoncé lui-même dans un hadith rapporté dans le musnad de Ibn Hanbal : « J’étais prophète (Kunu nabiyyan) alors qu’Adam était entre l’esprit et le corps ».

Rappelons aussi pour terminer cette courte introduction que la doctrine soufie de la nûr al-muhammadî est fondée sur certaines données scripturaires, en particulier le verset 46 de la sourate 33 ou le prophète est qualifié par l’expression de « flambeau lumineux » (siraj munira). D’autre part, la biographie (sira nabawi), fait état de phénomènes luminescents qui ont accompagné sa nativité.

Il est donc naturel que la poésie, est en particulier le genre de la qasida soufie ait exprimé la vénération, la passion d’amour (al-hawa) et le désir ardent (al-ishq) pour le Bien-Aimé d’Allah. D’autant plus que la poésie fait un avec la mystique dans la mesure ou « le dire poétique dit l’indicible » comme le souligne Octavio Paz.

Rappelons que la tradition légitime la poésie - et par là même le samâ’- lorsqu’elle proclame les louanges d’Allah et de son prophète ou si elle incite aux comportements nobles. Selon un hadith rapporté par Ibn Ka’b, L’envoyé a dit : « Certes, il y a une sagesse dans certaines poésies ».

L’exemple des Mawlidiyya-s



La Mawlidiyya, est un poème composé à l’occasion du mawlid en l’honneur de la fête de la naissance du prophète, elle s’inspire de la fameuse banat Su’âd de ka’b b. zuhayr, si souvent imité par la suite. La plus célèbre de ces mawlidiyya à laquelle nous nous intéresseront est celle de al-Busiri (608-94=1212-97) connu sous le nom de al-burda (le manteau). Signalons aussi la mawliduyya du Qadi ‘Iyad dans son ouvrage Azhar al-Riyad publié par Al Maqqari et aussi La Nuzhat al-Hadi bi Ahbar al-qarn al-Hadi de al-Afrani (m. qui rapporte quatre mawliduyya qui ont été conservées ; dont celles de l’historiographe Abd al-Aziz al-Fishtali qui (956-1031/1549-1633) rapportent comment Ahmed al-Mansour al-Dhahabi, sultan saadien, (m. 999/1590) célébré le Mawlid.

Enfin Yusuf B. Ismail al-Nabhani auteur libanais du début du siècle a réuni une grande quantité de panégyrique du prophète. Ces panégyrique respectent le genre de la qasida en l’adaptant à l’apologie du prophète. On y trouve d’abord l’évocation traditionnel et nostalgique d’un campement (nasib), puis souvent un voyage allégorique à travers le désert (rahil) et enfin l’apologie du Prophète. Cette apologie emprunte au Coran, aux hadiths à la sira ou biographies du Prophète, tout en exaltant et en amplifiant les perfections, les vertus et les qualités du saint prophète.

Le panégyrique est toujours codifié et traite les thèmes suivants :

  • -annonciation de la venu du prophète Muhammad par les prophète antérieurs,
  • -la naissance et l’enfance du Saint Prophète
  • -les signes de la prophétie,
  • -la mission prophétique,
  • -ses caractères parfaits, sa noblesse et ses qualités (akhlaq)
  • -ses miracles et ses prodigues indénombrables
  • -son intercession universelle qui est une des faveurs qui lui est réservée



La Burda de L’Imâm Busiri al-Misri (1212/97)



Son auteur, étant aveugle, aurait recouvré la vue en composant. Le nom de la poésie signifie "le Manteau", désignant le manteau que le Prophète avait l'habitude de porter.

L'un des thèmes évoqués est celui du Prophète en tant que secret de l’univers (sirr al-Wujud). C’est grâce à Muhammad que le monde est sortit du néant. dans la Burda le poète dit :

« si ce n’était pour lui (Muhammad), le monde ne serait jamais sorti du néant ».

Le thème du sirr al-Wujud annonce celui de la lumière Muhammadienne (nur muhammadi) qui selon un hadith « est la première chose que Dieu créa » (awal shay’ khalaqahu Llah nurî) et par laquelle toute chose reçoit sa lumière.

« Tous les signes miraculeux accomplies par les nobles messagers n’ont pu l’être que grâce à la lumière dont Il les éclairait »
« En vérité il est le soleil de la grâce et eux n’en sont que les planètes qui réfléchissent sa lumière vers les hommes plongés dans les ténèbres ».


L’Envoyé d’Allah est comme l’enseigne le Coran une miséricorde pour les mondes (al-‘alamin).

Cette miséricorde se manifeste comme le rapporte une mawlidiyya dès la nativité :

« Noble nuit de sa nativité [qui répand sa Bénidiction] sur toud les temps, toutes les époques et toutes les générations »
(fa-akrim bi-laylati mîladihi ‘alâ kulli waqtin wa ‘asrin wa jil)

Quand aux qualités nobles du prophète elles sont chantées dans la Burda par les vers suivants :

« Il est comparable à la fleur par la délicatesse, à la pleine lune par l’élévation, à l’océan par la générosité, au temps par les aspirations.

Ses miracles furent nombreux ainsi que le dit la Burda :

« Que de malades n’a-t-il pas guérit par simple attouchement de la pomme de sa main ! Et que de malheureux n’a-t-il pas arraché ainsi à la démence ».
« Grâce à ses prières, l’année stérile devenait aussi fertile qu’une verdoyante année ».


Quand à sa prééminence sur les autres prophètes et la sublime et intime proximité qu’il connu avec Allah, elles sont évoquées dans les vers qui célèbrent le voyage nocturne et l’ascension du prophète.

« Tous les prophètes et tous les envoyés de Dieu t’ont mis à leurs têtes tel des serviteurs cédant le pas à leur maître »
« Tu as été élevé en une nuit jusqu’à ce que tu fusses à la distance de deux arcs, accédant à un degré jamais atteint et jamais espéré.
« Pour être mystérieusement uni en Dieu - et quel mystère ! et
recevoir un secret - et quel secret !»
« A deux arcs ou moins » (liqâb qawsîn aw adna) personne ne connut jamais l’essence du don que lui fit le Généreux »
« Il lui montra le secret qu’Il avait mis dans sa création, ainsi que ses commandements visibles et invisibles »


Enfin, évoquons le thème de l’intercession, qui loin de se limiter à la communauté musulmane, s’étend à toute l’humanité, elle est universelle et s’exerce sur toutes les communautés ; d’ailleurs nous savons que toutes celles-ci demanderont au Jour de la résurrection, par le truchement de leur prophète, l’intercession de Sayyidina Muhammad.

« C’est à Lui qu’incomberont les intercessions, lorsque frappera l’ordre [du seigneur] et que les peines redoubleront »
« O, la plus noble des créatures! Je n’aurai personne auprès de qui je puisse trouver refuge le jour de l’universel événement, en dehors de toi ».

« O, Allah, que les nuages de Ta bénédiction arrosent d’une pluie continuelle et abondante le Prophète ; tant que la brise d’est fera incliner les rameaux su saule musqué ; et tant que le chamelier charmera son troupeau par son chant »




L’amour du Prophète dans la qasida soufie



Le premier chant de gloire (qasida) composé en l’honneur du Prophète - souvent chanté dans le Samâ’ - tout comme dans les mosquées et les maisons - c’est lors de l’Hégire à l’occasion de l’arrivée du Prophète à Médine.

« La pleine lune se leva sur nous, du coté de thaniyyat al-wadâ’
(il s’agit d’une colline proche de Médine jusqu’à laquelle on accompagné les gens en partance pour Mekka),
il nous incombe la gratitude et la reconnaissance pour qui implore Allah en invocateur,
o! toi Envoyé vers nous, tu es venu avec l’ordre…, tu es venu vers la noble Médine,
Bienvenu, Toi le plus noble des apôtres ».

(tala’a al-Badruu alayna, min thaniyyâti al-Wada’a
wajaba al-shukran’alayna, ma da’â lillahi da’â…)


Cette lune qui désigne Le Prophète est aussi citée par ‘Umar Ibn al-Farid dans son "éloge du vin" (al-khamriyya), ce poême commence ainsi :

« Nous avons bu à la mémoire du Bien-Aimé un vin dont nous nous sommes enivrés avant la création de la vigne,
La pleine lune est son verre ; et Lui est un soleil que fait circuler un croissant, que d’étoiles resplendissent quand il est mélangé ».

(Charibna ‘alâ dhikri al-habîbi mudâmatan / sakirnâ biha min qabli an yukhlaqa al-karmu ;
Laha al-badru ka’sou wa hya shamsun yudîruha / hilâlun wa kam yabdû idha muzijat najamu)


Le Bien-Aimé, c’est le Prophète (ce peut-être aussi l’Essence divine), dont la création provient de l’Amour. Il est l’Aimé, l’Amant, le désiré, et le vin c’est le désir ardent de l’homme amoureux.

Quant à la pleine lune, c’est l’Envoyé qui réfléchit la lumière d’Allah (le soleil) vers les créatures (les étoiles). Cette lune est le verre, c’est à dire la plus parfaite des épiphanies, en la station de Muhammad ; réceptacle de tous les dons et de toutes les grâces.

Mais, les chants soufis vénèrent et le célèbre le Prophète en tant qu’il est pure miséricorde et source de l’existence et de tous les bienfaits dans la vie spirituelle ; même si il reste un homme (al-bashar).

« O! la meilleure des créatures, un regard vers moi, Tu es un trésor donné ;
O! Océan des miséricordes et couronne des justes, sois généreux envers moi par l’union contemplative avant la mort ».

(Khayr al-bariyya nazhra ilayya / ma anta il kanzu al-’atiyyah,
Ya bahr al fadl wa taja ‘adlin / judlîi bi-waslin qabl al-maniyyah ».

« O! livres des secrets, auprès de Toi le refuge, o! remède des cœurs, prière sur Toi ;
Tu es la manifestation de la Majesté dans la station de la beauté ;
Tout don qui nous provient est un flux de ton inépuisable miséricorde ;
Tu est l’Esprit de l’existence ; Tu es le secret du Livre, celui dont la parole discerne… »


l’Envoyé est honoré pour ces attributs, il est l’éclaireur des cœurs des connaissants (al-munir), il est le pur (al-Tahir), le guide des cheminants (al-hadi), l’élu des cœurs épris du désir d’amour (al-Mustafa), le guérisseur (al-shafî), le choisi parmi les Prophètes (al-mujtaba).

« O Toi qui désire l’élu (al-Mustafa), annonce l’exhaussement de tes souhaits,
Nous nous sommes désaltérés d’un verre du pureté, et que de sublimes instants nous sont offerts,
La lumière de la Beauté apparaît sur la face du soleil de la guidance ».

« O le plus noble des Prophètes, le plus parfait des élus, le sceau des Envoyés, tu es la saveur de mon cœur ,
O Toi qui est l’image (nuskhat) de l’univers, en toi est la synthèse des dons de la pré-éternité ;
Tu es celui dont l’intercession est immense, les créatures au Jour attendu contempleront ta bonté ».

« O! toi qui te lève des sphères de l’invisible,
Toi, qui descend dans le couchant des lumières des cœurs ;
La myrte du secret a embaumée [à partir] du jardin de l’intimité,
Nous sommes enivrés par la senteur des parfums de cette émanation.



  "Bref historique sur sa vie:

Important jurisconsulte. Taqî I-Dîn Ibn Taymiyya (661/1263-728/1328), est connu pour son militantisme, sa réforme et sa rigueur mais pas du tout pour son ésotérisme et sa pratique soufie. Sa famille a immigré face à l’avance mongole sur Damas en 1269. Il a fait ses études à la madrasa Sukkaviyya où il sera en 1284, directeur. A partir de 1285, il commence à enseigner l’exégèse coranique à la mosquée Umayyade de Damas. Il enseigna aussi en 1296, dans la plus ancienne école doctrinale hanbali de Damas. A partir de 1313, de nouveau à Damas, et chef d’école, il se consacre à la réforme religieuse dans un contexte social et politique très difficile (invasion mongole, destruction de la culture et des valeurs).

IL était fermement réfractaire aux innovations et fervent défenseur du dialogue Islamo chrétien. Ses opposants l’envoient plusieurs fois en prison (en Egypte). Il est enfin emprisonné à la citadelle de Damas, où il lui est interdit d’écrire : à cause de ses propos ouvertement hostiles aux politiques de l’époque et victime surtout de sa popularité.
Et ce n’est pas fini car même après sa mort, plusieurs de ses écrits au fil des temps furent falsifiés et idéologisés.

L'Imam Ibn Taymiyya à propos des Saints et de la Sainteté:

L'imam Ibn Taymiyya mentionne dans le volume : « Majmu'a Fatawi Ibn Taymiyya » , la page à 190 : "un serviteur d'Allah, Tout-puissant et Glorifié, ne peut pas être considéré comme saint à moins qu'il ne soit un vrai croyant. Allah mentionne dans Coran, Sourate Yunus, 62-63 :" maintenant sûrement, sur les amis d'Allah il n'y a aucune crainte, ils ne peineront non plus; ceux qui croient et se prémunissent contre le mal. "

Les saints:

Il cite alors le hadith célèbre de Bukhari : Abu Huraira rapporte que l'Envoyé d'Allah a dit: "Allah a dit: Celui qui fait montre d'hostilité envers un de mes walis (amis, saints,élu) Je lui déclare la guerre. Mon serviteur ne se rapproche pas de moi par quelque chose de plus agréable à Mes yeux que l'accomplissement de ce que Je lui ai prescrit et , Mon serviteur ne cesse de se rapprocher de Moi par des oeuvres surérogatoires au point que Je l'aime. Et lorsque Je l'aime, Je suis son ouie par laquelle il entend, son regard par lequel il voit, sa main par laquelle il saisit, et son pied avec lequel il marche; s'il Me demande, assurément Je l'exaucerai; s'il cherche prés de Moi asile, assurément; Je le lui donnerai." Rapporté par Albukhari

Il explique l'expression, "Quiconque se dresse contre un de Mes saints Me stimule à Me battre contre lui" ainsi : "cela signifie qu'Allah exprime : ' Je Me vengerai de celui qui est hostile à Mes saints comme un lion agressif. '" (P. 314)

Imam Ibn Taymiyya à propos des Miracles des Saints:

"Il est dit qu'après le Saut des Prophètes (s), la révélation ne descend pas sur un autre. Pourquoi pas ? En fait elle descend, mais alors ce n'est pas appelé 'la révélation'. C'est ce que le Prophète (s) mentionne dans le hadîth (tradition prophètique): ' le croyant voit avec la Lumière de Dieu. ' Quand le croyant regarde avec la Lumière de Dieu, il voit toutes les choses : le premier et le dernier, le présent et l'absent, le visible et l'invisible. Comment quelque chose peut-être caché de la Lumière de Dieu ? Et si quelque chose est cachée, alors ce n'est pas la Lumière de Dieu. Donc la signification de la révélation existe, même si on ne l’appelle pas révélation."

Ibn Taymiyya continue dans le même livre, "Majmu'a Fatawi Ibn Taymiyya" :

"ce qui est considéré comme un miracle (extraordinaire) pour un saint est que parfois le le fait qu'il puisse entendre quelque chose que les autres n'entendent pas ou voir quelque chose que les autres ne voient pas, pas lorsqu'il est endormi, mais dans un état réveillé de vision « mushâhada ». Il peut connaître des choses que d'autres ne peuvent pas connaître, par la révélation ou plutôt l'inspiration."

Dans un autre livre, Mukhtasar Al-Fatawa Al-Masriyya, publié par la Maison d'édition Al Madani, 1980, page 603, il écrit : "les miracles des saints sont absolument vrais, authentiques et reconnus par tous les savants Musulmans. Le Coran l'a indiqué dans différents versets et les Hadîth(s) du Prophète (s) l'ont mentionné. Celui qui nie le pouvoir miraculeux des saints, est un innovateur ou un disciple d'innovateurs."

Il continue à citer l'énonciation du Prophète des saints : "vous êtes les témoins d'Allah sur la terre."

A propos du Dévoilement des Apparences:

Il a dit ( volume 11, à la page 313) :
"Allah Tout-puissant dévoilera à ses saints des états qui n'ont jamais été dévoilé auparavant et Il leur donnera l'appui sans mesure. Si ce saint commence à parler des choses de l'invisible, le passé, le présent ou le futur, c'est considéré comme « Bâb Al- ‘Ilm Al-khariq », la porte de la connaissance miraculeuse. Tout ce qu'un saint fait qui est de l'invisible, pour les gens ou pour des auditeurs, de guérison ou de connaissance d'enseignement, est accepté et nous devons remercier Allah pour cela : c’est un signe de Lui et une grâce. "

Imam Ibn Taymiyya et le soufisme:

Dans le volume intitulé ‘Ilm as-Suluk, ("la Science du voyage (initiatique) ou du cheminment vers Dieu"), qui constitue en intégralité les 775 pages du volume 10 de Majma‘Un Al-Fatawa, il dit (p. 516) : "Les grands Cheikhs Soufis sont bien connus et acceptés « agréés », tels que : ABuyazîd Al-Bistâmi, Cheikh Abdoul Qâdir Jilâni, Junayd ibn Muhammad, Hasan Foudayl Al-Basri, Al-ibn Al-Ayyad, Ibrahim IBnu Al-Adham, Abi Souleyman ad-Daarani, Ma'rouf Al-Karkhi, Siri as-Saqati, Cheikh Hammad, Cheikh Abul Bayan.

"Ces grands Soufis étaient les leaders de l'humanité (les pieux vertueux) et ils appelaient à ce qui était juste et interdisait ce qui était mauvais."


La ligné Qâdiriyya d'Ibn Taymiyya comme Cheikh Soufi :

Plusieurs do***ents et manuscrits nous permettent d’aller beaucoup plus loin que de dire qu’Ibn Taymiyya a simplement loué le Soufisme. Nous pouvons dire définitivement qu'il était un adepte de la Voie Soufie et qu'il a appartenu à plus d'une Tariqa « voie spirituelle », principalement à la Tariqa Qâdiriyya, du Cheikh Abdul Al-Qâdir Al-Jilâni.

Dans un manuscrit unique de Hanbali Yusuf ibn ‘Abd al-Hadi (d. 909 H./1503 CE), intitulé "Bad' al- ‘ulqa bi labs al-khirqa", découverte dans la bibliothèque de la l'université Princeton, Ibn Taymiyya est inscrit dans une généalogie spirituelle Soufie avec d'autres Savant Hanbalites très connus. Les liens dans cette généalogie sont en ordre de descendance de ‘Abdul Al-Qâdir Al-Jilâni:

  • Cheikh ‘Abdul Qâdir Jilâni d. 561 H./1165 CE)
  • Abou ‘Oumar b. Qoudama (d. 607 H./1210 CE)
  • Mouwaffaq ad-Din b. Qoudama d. 620 H./1223 CE)
  • Ibn Ali b. Qoudama d. 682 H./1283 CE)
  • Ibn Taymiyya d. 728 H./1328 CE)
  • Ibn Qayyim al-Jawziyya d. 751 H./1350 CE)
  • Ibn Rajab d. 795 H./1393 CE)



En outre, il y a un autre manuscrit unique, aussi trouvé dans la Bibliothèque Princeton, du travail d'Ibn Taymiyya lui-même, dans un livre nommé, "Targhib al-Mutahabbin fi labs Khirqat al-Mutammayyazan" par Jamal ad-Din al-Talyani. Voici les propres mots d'Ibn Taymiyya, cités dans son : "al-Mas'ala at-Tabraziyya": "j'ai porté le manteau Soufi béni de Cheikh Abdul Qâdir Jilâni, ayant entre lui et moi deux cheikhs Soufis." Dans un autre manuscrit il dit: "J'ai porté le manteau soufi d'un certain nombre de cheikhs Soufis, appartenant à des voies spirituelles diverses, parmi eux Abdul Qâdir Al-Jilâni, dont la Tariqa est la plus grande et la plus connue, que la miséricorde d'Allah soit sur lui." Après Ibn Taymiyya, la lignée continue à travers son étudiant et disciple, Ibn Qayyim Al-Jawziyya et son étudiant Ibn Rajab.

Les références pour ce que nous avons mentionné sont : manuscrit "Al-Hadi" dans la Bibliothèque Princeton, Collection Yahuda, fol. 154a, 169b, 171b-172a; manuscrit "at-Talyani", Chester Beatty, 3296 -8- à Dublin, fol. 67a.