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Sidi Aboû Ya'zâ Yâlannoûr dit Moulay Bouazza PDF Imprimer Envoyer
Magazine - Patrimoine Soufi
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 "Histoire des premiers soufis marocains
Par Ahmed Rachik

Après Sidi Aboû Abbas Sebti, voici un autre prestigieux saint, Sidi Aboû Ya'zâ, un des premiers soufis marocains qui fut le maître de celui qu'on considère comme l'initiateur du soufisme maghrébin : Sidi Aboû Madiân al-Ghaout. La biographie est empruntée a celle d'Émile Dermenghem (le culte des saints au Maghreb) qui lui même a basé son travail sur un ouvrage clef dans l'histoire du soufisme marocain : "Tachawuf fi rijal atassawuf" de Yousouf at Tâdilî, dit Ibn az Zayyât. Au delà de la dimension fascinante de ce saint, il faut attirer l'attention du lecteur sur le fait que si la sainteté est atemporelle (il existera toujours en terre d'Islam des saints et ce jusqu'à ce que survienne l'heure ainsi que le rapporte la tradition prophétique), ses manifestations en revanche ne le sont pas : le soufi est le fils de son temps dit la sagesse. La vie de Sidi Aboû Ya'zâ est celle d'une époque avec ses mœurs et ses habitudes sociales qui ne sont pas celles d'aujourd'hui.



Le jeune (il s'agit du futur grand saint enterré a Tlemcen) avait quitté l'Andalousie natale et sa famille prospère pour fuir la vie mondaine et chercher la science au Maroc. Il vivait dans la banlieue de Fès et venait chaque jour en ville suivre les cours de maîtres réputés, si pauvre et déguenillé que ses condisciples se cotisèrent un jour pour lui acheter des vêtements décents. Mais les leçons des olémas, la science juridique de foqaha, qui ne lui laissaient rien ignorer des contrats et des ventes, des modalités de l'ablution ou du calcul des héritages, ne comblaient point son cœur, n'arrivaient pas à satisfaire tous ses besoins intellectuels et religieux.
Celui qui devait devenir le savant professeur de Bougie, le maître du soufisme au Maghreb, le patron de Tlemcen, voulait posséder la chari'a, la loi consignée dans le Coran magnifique et la tradition du Prophète. Mais il aspirait aussi à la haqîqa, à la connaissance de la réalité, qui est l'amande cachée, la perle précieuse, l'âme de toutes les formes, le sens de tous les rites, l'initiation à la voie qui mène à l'union divine, la marche vers Dieu, par Dieu, en Dieu.
Aboû Ya'zâ Yâlannoûr, ou Alannoûr (l'Homme à la Lumière) ben Mîmoûn ben 'Abdallah al Azinirî, dit parfois Isguet ou Isjet, était né au milieu du 11ème siècle de notre ère, en pays Masmouda, chez les Azinira, ou dans la tribu des Beni Sabîh de Haskoura (région de Damnat). Après avoir vécu longtemps dans la solitude ou dans l'errance, il s'était fixé au Jebel Yarouijane, à Tâghia, à deux bonnes journées de marche au sud de Meknès, à l'entrée du pays Zaïan, là où se trouve aujourd'hui son sanctuaire. C'était un homme fortement bronzé, grand et maigre, vêtu d'une tunique en poils de chèvre ou en feuilles de palmier nain, et d'un burnous noir rapiécé qui lui descendait un peu plus bas que les genoux, coiffé d'une calotte de joncs. Il était d'apparence timide, mais n'en commandait pas moins, disait-on, aux bêtes féroces. Sa nourriture ordinaire consistait en fruits, en racines, en herbes, de préférence celles que personne ne mangeait, auxquelles il ajoutait parfois une farine de glands.
Le jeune Aboû Madiân partit avec un groupe de foqara pour rendre visite au saint. Celui-ci l'accueillit de façon étrange et rude. Il le laissa trois jours de suite à sa porte sans lui donner à manger, alors qu'il recevait aimablement tous les autres. Il le repoussait même lorsqu'il se levait pour venir prendre sa part de nourriture dans la grande écuelle de bois de fabrication européenne dans laquelle Aboû Ya'zâ servait à manger à ses hôtes. Désespéré, le jeune homme se jeta par terre et roula son visage à l'endroit où Aboû Ya'zâ s'était assis. Quand il releva la tête, il était aveugle. Il passa toute la nuit suivante à pleurer. Au matin le cheikh l'appela : "Arrive ici, l'Andalou ! " Aboû Madiân s'approcha à tâtons. Aboû Ya'zâ lui passa la main sur les yeux qui furent guéris; puis sur la poitrine, et tous les soucis s'en allèrent de son cœur. Il ne souffrait même plus de la faim. Rien que la paix et la joie et la confiance.
- Ce garçon est appelé à un grand avenir, dit simplement le shaykh, qui l'admit désormais parmi ses disciples.
Au bout de quelque temps, Aboû Madiân demanda l'autorisation de partir. Il désirait continuer ses études et s'acquitter du pèlerinage à la maison d'Allah.
Le vieux shaykh lui fit ces recommandations :
- Tu rencontreras un lion. N'aie pas peur. Si pourtant la crainte s'empare de toi, dis-lui : " Pour l'amour de Yâlannoûr, je te prie de t'éloigner! " Et il partira. Tu rencontreras aussi trois voleurs sous un arbre. Tu les exhorteras à revenir à Dieu. Deux d'entre eux reviendront dans le droit chemin, le troisième continuera sa triste vie et finira ses jours crucifié à cet arbre.
Et il en fut ainsi.
Aboû Madiân quitta donc pour toujours l'étrange shaykh de la forêt, le laissant à ses fauves dociles et à ses oiseaux familiers. Il n'oublia jamais son maître et disait qu'ayant lu toutes les vies de saints, depuis celle de Ouwaîs al Qarnî, contemporain du Prophète, il n'en avait trouvé aucun comparable à Aboû Ya'zâ. Longtemps après, assure-t-on, il évoquait le souvenir du maître de Tâghia près duquel, à l'heure de la sieste, pendant la grande chaleur, venaient les bêtes de la forêt comme pour lui demander conseil. Et lui, les envoyait à tel endroit chercher leur nourriture. Et quand il disait à une lionne de changer de place, elle prenait ses lionceaux et s'en allait. Et les oiseaux venaient se poser sur lui, semblaient l'écouter et suivaient ses avis."Tu vois, disait-il à son disciple, comme ces animaux aiment ma compagnie. C'est à cause de moi qu'ils se privent et endurent les souffrances de la faim".
Aboû Ya'zâ avait d'abord été berger. Son patron lui donnait chaque jour deux pains. Il en mangeait un et donnait l'autre à un homme qui s'était retiré dans une mosquée pour se consacrer à la lecture du Coran. Puis il donna les deux pains et se contenta de manger des herbes, disant : " Pourquoi prendre la nourriture des hommes puisque les plantes me suffisent ?" Il avait passé vingt ans en solitaire, dans la montagne au-dessus de Tinmal, qui devait devenir le berceau de la dynastie almohade. On ne lui donnait alors d'autre nom que Boû Qartilâ, l'Homme à la Natte, parce que cette natte de joncs constituait son seul vêtement. Puis, durant dix-huit ans, sur la côte atlantique, on le connut sous le sobriquet de Boû Ouanalkout, nom d'une plante dont il se nourrissait, toujours inconnu, toujours anonyme et sans attache.
Il pratiqua dans toute cette région du Maroc central, méridional et occidental, la siyyaha, l'errance, sans but apparent que de prier et de rencontrer des hommes voués à l'ascèse, et qui a pour effet de détacher l'âme. C'est alors qu'il fit l'un de ses premiers miracles. Il rencontra une négresse qui se lamentait à cause d'une maladie des yeux. Il lui passa la main sur le visage et continua sa route sans se retourner dans la direction d'une voix qui s'écriait: " Qui a essuyé mes yeux ? Je suis guérie! "
Une monition divine l'avait averti de ne plus se confiner dans la solitude et de se remettre à fréquenter les hommes. Il séjourna dans quelques villes, sans doute d'abord à Azemmour, car il eut pour maître Sidi Boû Chaib ou Chou'aib, patron de cette cité…Aboû Ya'zâ aurait aussi, selon certains, séjourné à Fès, où un maqâm avec fondation pieuse lui fut dédié dans le quartier d'El Blida. Il aurait eu pour maître Aboû Bakr Ibn al 'Arabi, le Sévillan, revenu d'Orient et fixé à Fès, où il mourut en 114,83.

La Nouvelle Tribune

 

 
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Tariqa Qadiriya Boutchichiya

Sidi al-Hajj al-‘Abbas Qadiri Boutchich

 Sidi al-Hajj al-‘Abbas Qadiri Boutchich est né en 1890 à Bouyahyi au sud de Ahfir, dans le Nord-Est Marocain. À la mort de son père al-Hajj al-Mokhtar en 1914, Sidi ‘Abbas s'employa à faire fonctionner la zawiya de Madagh en compagnie de son grand frère al-Makki qui succèda à son père défunt dans la direction spirituelle de la confrérie Qadiriyya Boutchichiyya. Sidi 'Abbas s’occupait quant à lui des activités agricoles.


Ces dernières prirent une dimension relativement importante lorsqu’il devint le vice-président de la chambre Marocaine d’Agriculture d’Oujda, fonction qu’il occupera jusqu’en 1951 pour devenir délégué de cette même chambre au conseil du gouvernement. Parallèlement, et à la mort de son frère aîné Al-Makki en 1936, il continua le développement des locaux de la zawiya qui était jusque-là restée aux dimensions de la petite maison de son père, le cheikh Mokhtar, mort en 1914.

Testament spirituel de Sidi Hajj Abbas

" De la part du serviteur, humble devant son Seigneur, le pauvre, le démuni, al Hajj al Abbas al Qadiri al Boutchichi, à ses enfants et ses frères en Dieu. Vous savez que j'aime le silence et que ma nature discrète m'incite à ne pas beaucoup parler.

  

Il n'en reste pas moins que vous vous posez un certain nombre de questions, qui méritent un complément de conseils et d'explications, à propos de cette responsabilité que la providence divine m'a confiée voici quelques années.

  

Mes enfants, mes frères en Dieu:

 

Vous avez dû comprendre, à travers nos précédentes discussions, que la voie soufie que suivent nos ancêtres depuis un siècle et demi est la voie qadiria, qui est une grâce parmi les grâces du connaissant de Dieu, l'éduqué avec le secret divin, celui qui bénéficie de l'assistance du prophète paix et salut sur lui, celui qui est notre grand père le plus élevé, notre maître Abd el Qadir al Jilani, que Dieu nous fasse bénéficier de sa grâce.

 

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