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Preuves authentiques sur le Tabarruk PDF Imprimer Envoyer
Islam & Soufisme - Le Tassawuf (soufisme)

Plusieurs événements de la vie du Prophète et des compagnons témoignent du caractère spécial de la personne du Prophète et de tout ce qui s’y rattache ainsi que des hommes de Dieu, héritiers du secret Mohammadien. La  bénédiction (Baraka) est ainsi liée à ces gens du fait des faveurs qu’ils ont reçues et de leur rang spirituel élevé.

Malik Ibn Sinane (Abou Said Alkhodri) le jour de la bataille de Uhud a bu le sang du Prophète (sur lui la paix) qui lui a dit : «  le feu ne te toucheras pas ».

Abdellah Ibn Azubeiyr a fait de même, le Prophète (sur lui la paix et le salut)  lui dit alors : « gare à toi des gens et gare aux gens de toi ». Il ne l’a pas réprimandé pour ce qu’il a fait et n’a demandé à personne de se laver la bouche ni interdit à personne de le faire.

Le Prophète (sur lui la paix) avait un récipient dans lequel il se délaissait de son urine quand il se levait de nuit. Une nuit, il oublia de le remettre à sa place et quand il revint le chercher , il n’y trouva rien. Il demanda alors à sa servante qui lui répondit : « je me suis levée, j’avais soif, et je l’ai bu sans savoir (en croyant que c’était de l’eau) » . Le Prophète lui dit alors : « Tu ne te plaindras plus jamais de douleurs de ventre »

Les Quraychites s’étonnaient de l’attitude des compagnons vis à vis du Prophète et de la grande vénération dont il était l’objet. Ils disaient : « même un roi dans son royaume n’est pas aussi aimé et vénéré. Il suffisait que le Prophète crache pour que ses compagnons se disputent ses crachats et en enduisent tous leurs corps, et quand il se coupait les cheveux les tribus venaient prendre de ses cheveux… »

Le grand compagnon Khalid ibnou l-Walid, "l'épée brandie d’Allah", avait mis des cheveux du Prophète dans sa qalansouwah (chachiyah) pour rechercher les bénédictions par le Messager et il disait : "j'ai mis dans ce couvre-chef des cheveux de la frange du Prophète et je n'ai jamais fait de bataille alors qu'il est avec moi sans avoir la victoire."

Les compagnons recherchaient aussi les bénédictions par les cheveux du Prophète, ils les plongeaient dans l'eau et la donnait à certains malades pour qu'ils obtiennent la guérison par la volonté d’Allah. De la même façon notre mère A'ichah et sa sœur Asma', les filles de Abou Bakr le véridique, qu’Allah les agrée, gardaient chez elles la Joubbah (bournous) que le Prophète portait de son vivant. Après sa mort elles l’utilisait pour les malades et ils guérissaient. Oummou Soulaym déposait dans un flacon de parfum la sueur du Messager d’Allah pour la bénédiction et la guérison. 

L’amour du Prophète et de sa descendance est le facteur essentiel qui explique ces actes.

Al-Bukhârî rapporte dans son sahîh, le Prophète(paix et salut sur lui) dit : « O gens ! je ne suis qu’un être qui répondra bientôt au messager du seigneur(l’ange de la mort). Je laisse entre vos mains deux dépôts précieux : le premier le livre(Coran) de Dieu où vous trouverez la bonne direction et la lumière, mettez donc ses prescriptions en pratique et attachez vous y … Et le deuxième, les membres de ma maison. Je vous appelle (à la vénération) de Dieu à travers les membres de ma maison, je vous appelle (à la vénération) de Dieu à travers les membres  de ma maison. »

Houssain s’interrogea : « O Zayd ! qui sont les membres de sa maison ?
Ses femmes ne sont–elles pas de ces membres ? ». Il répondit : « certes, ses femmes font partie des membres de la maison, mais elles sont aussi les membres auxquelles on ne fera pas aumône après son départ. Il répliqua : qui sont-ils donc ?. Zayd répondit : « ce sont , la famille de Ali, la famille de Aqil, la famille de Ja’afar et la famille de Abbas… »

Rapporté par Mouslem (Hadith n°346 dans le livre « les jardins des vertueux » de Al Nawawi)

Iben Omar a raconté qu’Abou Bakr Al-Siddiq –RAA-a dit : « Vénérez (Ourqoubou) Muhammad en respectant les membres de sa famille »

[Rapporté par Al-Boukhari et Mouslem (Hadith n°347 dans le livre « les jardins des vertueux » de Al Nawawi)]

Attabaruk qui consiste à chercher la bénédiction du Prophète et des saints est une chose connue de tous les musulmans dans tous les coins du monde, et plusieurs hadiths (paroles du Prophète ) confirment sa licéité. C’est un acte de respect et de vénération avant tout, pour tout ce qui se rattache à Dieu et à son Prophète. « Et quiconque exalte les injonctions sacrées d’Allah, s’inspire en effet de la piété des cœurs »(Coran, Al-Hajj verset 32).

Voir la Sira (vie du Prophète ) de Al-qadi ‘Ayyad Assabtî : « Achifa (la guérison) », et  le « Fiqh assira » de Mohammed Said Ramadane Albouti.


Le Baiser de la Main ou du Pied


Shaykh Abdel-Kader Aïssa, dans ses "Vertus du Dhikr" commence un des chapitres en faisant remarquer que : « Les gens se sont posés beaucoup de questions au sujet du baise-main en particulier en cette époque où les passions irréfléchies et les opinions irraisonnées commencent à foisonner et où la réflexion scientifique saine faiblit. Toutefois, celui qui examine attentivement les réalités, et se réfère aux ahadîths authentiques, à l’héritage laissé par les nobles Compagnons, aux dires des fuqaha qualifiés, constatera qu’embrasser les mains des ‘ulama-s est légalement admis. Mieux encore, c’est un aspect de l’éducation islamique afin de marquer le respect dû aux gens de mérite et de piété[1]».

L’imâm Nawawî, dans son "Kitab al-Adhkar" ("Livre des Invocations") écrit : « Il n’est nullement blâmable et il est même recommandé d’embrasser la main d’autrui par respect pour son ascétisme, sa piété, sa science, sa noblesse, sa retenue etc. »

Les ahadiths et les athar (récits des compagnons du Prophète (paix et salut sur lui) ) sont très nombreux qui valident ce mode de salutation. Nawawî fait remarquer que : « Les actes de nos pieux ancêtres relatifs à ces convenances sont trop nombreux pour être cités (…) de manière exhaustive. »

Abû Dawûd, dans ses "Sunans" rapporte ces paroles de Zirâ’ – que Dieu soit satisfait de lui- :
« Nous nous empressâmes de descendre de nos montures pour embrasser les mains et les pieds du Prophète (paix et salut sur lui)

Dans les recueils de Tirmidhî, Nassâ’i et Ibn Mâja, on trouve un récit authentique attribué à Safwân ben ‘Assâl – que Dieu soit satisfait de lui- : « Un juif dit à son ami : Emmène-nous donc voir ce Prophète ! Ils allèrent voir l’Envoyé de Dieu (S) et l’interrogèrent sur neufs signes évidents (…) alors ils lui embrassèrent les mains et les pieds en disant : Nous témoignons que tu es Prophète ! »

 
L’imâm Bukhari et Ibn Hajar al-Asqalani ont rapporté ce récit dû à ‘Abd-Rahmân Ibn Razzîn : « Salma Ibn al-Akwa’ fit sortir sa main, qui était aussi volumineuse que la patte d’un chameau. Il nous la tendit et Nous nous sommes levés pour l’embrasser»
Sha’bî rapporte: « Zayd, après avoir guidé la prière des morts, allait monter sur son mulet lorsque ‘Abd-Allah Ibn ‘Abbâs arriva. Il lui céda sa monture. Ibn ‘Abbâs a dit : "Oui, c’est ainsi qu’on nous a ordonné de nous comporter avec les ‘ulama-s et les grands hommes." Zayd embrassa sa main et lui dit :"C’est ainsi qu’on nous ordonne d’agir avec les gens de la Maison de l’Envoyé de Dieu". » (Cité par Tabarânî, Bayhaqî et al-Hakîm)

 
Al-Hâfiz Ibn al-Jawrî rapporte dans son "Manâqib açhâb al-hadîth": « Il convient à l’étudiant de se montrer d’une grande humilité devant le ‘âlim (…) Cette humilité peut s’exprimer par le baise-main de son maître. Ainsi Sufyân Ibn ‘Ayyina embrassa la main d’al-Hussayn, fils de ‘Alî al-Ja’fî et Fudayl Ibn Iyadh embrassa son pied. »

 
Chez les hanafites, le savant Ibn ‘Abidin, dans le tome 1 de ses écrits, considère : « Il n’y a aucun inconvénient à embrasser la main d’un érudit et d’un homme pieux en guise de bénédiction. On dit que c’est une sunna. Sharnablâlî a dit : "J’ai appris que plusieurs  ahadîths recommandent cet usage, comme l’ indiqué al-Aynî."»

Tahtâwi a écrit dans "Marâqî al-falâh" : « Il est permis d’embrasser la main du savant ou du sultan juste. »
 
L’imam Mâlik a dit : « Il est détestable d’embrasser la main d’un homme pour marquer sa grandeur. Par contre, il est permis de le faire en raison de sa position rapprochée de Dieu sur le plan de la religion, ou de son érudition ou de sa grandeur d’âme. »

 
Chez les hanbalites, As-Safâraynî a dit, selon al-Marzawî : « J’ai interrogé Abû ‘Abd-Allah (Ibn Hanbal) au sujet du baise-main. Il a répondu :"Il n’y a aucun inconvénient si cela se fait sur le plan de la religion. Abû ‘Ubayda embrassa la main de ‘Umar Ibn al-Khâttab. Par contre, il n’est pas permis de le faire quand il s’agit d’affaires terrestres.»
Voir : Imam al-Nawawi, Le Livre des Invocations, éd : Alif-ennour, 1995 et  Shaykh Abdel-Kader Aïssa, Les Vertus du Dhikr, éd. : Iqra, 1996

 
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Tariqa Qadiriya Boutchichiya

Sidi al-Hajj al-‘Abbas Qadiri Boutchich

 Sidi al-Hajj al-‘Abbas Qadiri Boutchich est né en 1890 à Bouyahyi au sud de Ahfir, dans le Nord-Est Marocain. À la mort de son père al-Hajj al-Mokhtar en 1914, Sidi ‘Abbas s'employa à faire fonctionner la zawiya de Madagh en compagnie de son grand frère al-Makki qui succèda à son père défunt dans la direction spirituelle de la confrérie Qadiriyya Boutchichiyya. Sidi 'Abbas s’occupait quant à lui des activités agricoles.


Ces dernières prirent une dimension relativement importante lorsqu’il devint le vice-président de la chambre Marocaine d’Agriculture d’Oujda, fonction qu’il occupera jusqu’en 1951 pour devenir délégué de cette même chambre au conseil du gouvernement. Parallèlement, et à la mort de son frère aîné Al-Makki en 1936, il continua le développement des locaux de la zawiya qui était jusque-là restée aux dimensions de la petite maison de son père, le cheikh Mokhtar, mort en 1914.

Testament spirituel de Sidi Hajj Abbas

" De la part du serviteur, humble devant son Seigneur, le pauvre, le démuni, al Hajj al Abbas al Qadiri al Boutchichi, à ses enfants et ses frères en Dieu. Vous savez que j'aime le silence et que ma nature discrète m'incite à ne pas beaucoup parler.

  

Il n'en reste pas moins que vous vous posez un certain nombre de questions, qui méritent un complément de conseils et d'explications, à propos de cette responsabilité que la providence divine m'a confiée voici quelques années.

  

Mes enfants, mes frères en Dieu:

 

Vous avez dû comprendre, à travers nos précédentes discussions, que la voie soufie que suivent nos ancêtres depuis un siècle et demi est la voie qadiria, qui est une grâce parmi les grâces du connaissant de Dieu, l'éduqué avec le secret divin, celui qui bénéficie de l'assistance du prophète paix et salut sur lui, celui qui est notre grand père le plus élevé, notre maître Abd el Qadir al Jilani, que Dieu nous fasse bénéficier de sa grâce.

 

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