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Les aspirations spirituelles antécèdentes ne percent pas les murailles du destin. PDF Imprimer Envoyer
Magazine - Sagesses d'Ibn 'Atâ Allah

altL’aspiration (himma), c’est la force que le cœur projette lorsqu’elle recherche quelque chose avec dévouement. Si la chose recherchée est de nature élevée, comme la connaissance de Dieu ou la recherche de son agrément, alors c’est une himma élevée. Si la chose recherchée est vile, comme la poursuite du monde et de la fortune, alors c’est une himma vile.

Le fait qu’au travers des remparts des décisions divines, aucune aspiration physique ne passe, signifie que lorsque le connaissant en Dieu ou le disciple veut quelque chose et que sa himma est forte, Dieu le Très-Haut la fera advenir à l’instant par Sa volonté, de manière à ce que la volonté du disciple soit celle de Dieu.

Le shaykh Moulay al-‘Arabi, a dit : “Lorsque le disciple véridique est annihilé dans le Nom de Dieu, dès lors qu’il aspire à une chose, cette chose advient. Lorsqu’il est annihilé dans l’Essence divine, la chose dont il a besoin advient avant même qu’il n’en formule le désir.”

Dieu le Très-Haut dit : “Je suis Dieu, lorsque je dis à une chose “Sois !”, elle est. Alors obéissez-moi et je vous ferai dire aux choses “Sois !” et elles seront.” Il est aussi dit dans un hadith authentique : “Lorsque Je l’aime, Je suis l’ouïe par laquelle il entend, l’oeil par lequel il voit, la main par laquelle il prend”, et Dieu ajoute : “S’il me demande une chose, assurément je l’exaucerai.”

Néanmoins, ne peut advenir seulement ce qui correspond au décret divin et à la destinée de chacun. Alors la himma du connaissant en Dieu s’élève vers la chose désirée, et lorsqu’elle rencontre le décret, elle accompagne son mouvement vers l’avant. Et cela, par la permission de Dieu. Si la himma trouve érigés sur son chemin les remparts du décret divin, elle ne tente pas de passer au travers, mais fait preuve de bienséance (adab) d’obéissance et d’adoration vis
à vis de Dieu. Elle n’en éprouve aucune tristesse, aucun regret. Elle se réjouit de devoir revenir à la place qui lui échoit, de retrouver son attribut de servitude.
   
Le shaykh Sidi ‘Ali, a dit : “Lorsque nous désirons une chose et qu’elle arrive, nous éprouvons de la joie. Lorsqu’elle n’arrive pas, cette joie est multipliée par dix.” Cette affirmation révèle sa grande connaissance en Dieu. On demanda, aussi, à l’un d’eux : “Par quoi la présence de Dieu se révèle-t-elle à vous ? Il répondit : Par le fait que la  volonté propre est contrariée.”
   
Cet effet est le fruit d’une forte himma. Si celui qui la possède est mal intentionné, comme par exemple celui qui souhaite le mauvais oeil ou le jeteur de sorts, ou s’il possède par Dieu des facultés telles que ceux-là, sa himma ne peut traverser les remparts du décret divin. Tout cela n’est possible que par la volonté de l’Unique, le Vainqueur.

Dieu le Très-Haut dit : “Or ils ne sont capables de nuire à personne qu’avec la permission de Dieu” (Coran 2 : 102), et : “Nous avons crée toute chose avec mesure” (Coran 54 : 49), et : “Mais vous ne pouvez vouloir, que si Dieu veut, [Lui], le Seigneur de l’Univers” (Coran 81 : 29).

Le Prophète –sur lui la paix et le salut de Dieu –a dit que “tout est selon le décret et la destinée”, que ce soit l’inaptitude ou la dextérité. L’aspiration faible qui s’élance en avant n’arrive à rien. Que l’intention soit bonne ou mauvaise, c’est la même chose.

Cette métaphore de la traversée des remparts du décret sous-entend qu’il y ait deux forces, la force personnelle et celle du destin. Mais ce sont inévitablement les remparts qui gagnent, car la force employée par l’humain n’est d’aucune utilité. Puisque la himma ne brise jamais les remparts du décret divin, ce n’est pas la peine d’y songer ou de se donner un semblant de choix.
 

 
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Tariqa Qadiriya Boutchichiya

Sidi al-Hajj al-‘Abbas Qadiri Boutchich

 Sidi al-Hajj al-‘Abbas Qadiri Boutchich est né en 1890 à Bouyahyi au sud de Ahfir, dans le Nord-Est Marocain. À la mort de son père al-Hajj al-Mokhtar en 1914, Sidi ‘Abbas s'employa à faire fonctionner la zawiya de Madagh en compagnie de son grand frère al-Makki qui succèda à son père défunt dans la direction spirituelle de la confrérie Qadiriyya Boutchichiyya. Sidi 'Abbas s’occupait quant à lui des activités agricoles.


Ces dernières prirent une dimension relativement importante lorsqu’il devint le vice-président de la chambre Marocaine d’Agriculture d’Oujda, fonction qu’il occupera jusqu’en 1951 pour devenir délégué de cette même chambre au conseil du gouvernement. Parallèlement, et à la mort de son frère aîné Al-Makki en 1936, il continua le développement des locaux de la zawiya qui était jusque-là restée aux dimensions de la petite maison de son père, le cheikh Mokhtar, mort en 1914.

Testament spirituel de Sidi Hajj Abbas

" De la part du serviteur, humble devant son Seigneur, le pauvre, le démuni, al Hajj al Abbas al Qadiri al Boutchichi, à ses enfants et ses frères en Dieu. Vous savez que j'aime le silence et que ma nature discrète m'incite à ne pas beaucoup parler.

  

Il n'en reste pas moins que vous vous posez un certain nombre de questions, qui méritent un complément de conseils et d'explications, à propos de cette responsabilité que la providence divine m'a confiée voici quelques années.

  

Mes enfants, mes frères en Dieu:

 

Vous avez dû comprendre, à travers nos précédentes discussions, que la voie soufie que suivent nos ancêtres depuis un siècle et demi est la voie qadiria, qui est une grâce parmi les grâces du connaissant de Dieu, l'éduqué avec le secret divin, celui qui bénéficie de l'assistance du prophète paix et salut sur lui, celui qui est notre grand père le plus élevé, notre maître Abd el Qadir al Jilani, que Dieu nous fasse bénéficier de sa grâce.

 

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