| Le Maitre Soufi |
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| Magazine - Spiritualité | |||
Dieu nous enseigne : « Ô vous qui croyez ! Craignez Dieu et cherchez un moyen
d’accès vers Lui ; et luttez sur Sa Voie, peut-être parviendrez-vous au
succès ! » (s.5, v.35) Il sait alors qu’il doit les combattre et les corriger. Mais cette tâche, il ne peut l’accomplir seul. Lorsque Dieu dit « cherchez un moyen d’accès vers lui », Il nous fait part de la nécessité d’un « moyen » pour ce cheminement. Ce moyen, c’est le maître spirituel. En effet, Dieu dit : « Le Miséricordieux, demande-Le donc auprès d’un expert ». Le moyen de parvenir à Dieu, c’est donc la compagnie d’un expert en Dieu, expert dans l’éducation des âmes. Le verset se termine par : « luttez sur sa voie », ordre divin de se livrer au combat spirituel contre l’âme, mais à condition d’avoir trouvé le « moyen », le maître spirituel vivant qui va aider et éclairer l’aspirant durant toutes les phases de ce combat. Un maître spirituel est un saint (walî). Les soufis disent que la compagnie d’un maître est meilleure pour le croyant que toute autre chose au monde car tel que le rapporte le hadith, lorsque les compagnons lui demandèrent « quelle est la meilleure personne auprès de laquelle on s’assoit ? » le Prophète (S) répondit : « Celui dont la vue vous rappelle Dieu, dont les paroles ajoutent à votre science et dont les actes vous rappellent l’Au-delà. » C’est aussi ce qu’atteste le Hadith : « Les saints de Dieu (awliyâ’), lorsqu’ils sont vus, Dieu est évoqué. » Etant donné la grandeur spirituelle d’un maître, il est très important pour celui qui cherche sa compagnie de respecter un certain nombre de convenances pour être un bon compagnon. Ibn Khaldûn explique comment doit être le comportement d’un disciple en compagnie de son maître : « Si l’homme a le bonheur de trouver un tel maître, qu’il lui confie totalement son sort, qu’il se dirige selon ses paroles et ses actes, qu’il s’attache à lui comme un aveugle marchant au bord de la mer s’attache à celui qui le guide, et qu’il se remette tout entier entre ses mains, tel un cadavre entre les mains du laveur de morts. » On raconte qu’un disciple était à la Zawiya (l’endroit où se réunissent les soufis) avec son Cheikh (son Maître spirituel); il s’occupait à balayer comme d’habitude. Un étranger entra et demanda à parler au Cheikh qui accepta de le recevoir. L’étranger lui dit : je viens te voir pour ma
réussite personnelle,
matérielle, je ne suis pas du tout intéressé par la vie spirituelle, ce
que je
veux c’est Dunya (le bas monde). Le Cheikh lui répondit : pour moi Dunya c’est ca ! en désignant la
poussière
que le disciple avait amassée. Sans un mot l’étranger ramassa la poussière et partit. Une année passa. Le disciple s’occupait toujours du service à la
zawiya. Et
l’étranger revint les voir. Il raconta qu’à son retour chez lui, il
avait
saupoudré la poussière qu’il avait ramassée dans son unique magasin.
Aujourd’hui
il était content d’annoncer qu’il avait huit magasins ! Quand le disciple entendit cela il se tourna vers le Maître et lui
dit qu’il
était estomaqué de voir un étranger recevoir la bénédiction du maître et
réussir
de cette façon, alors que lui peinait jour et nuit à son service sans
rien
recevoir. Le Cheikh lui répondit : ne te fâche pas. Ce que nous te réservons
est
infiniment meilleur que tout cela. Sois patient. Le disciple ne voulu
rien
entendre. Il enleva sont tablier, quitta la zawiya et son Cheikh, il
quitta même
le Maroc pour l’Espagne où il se maria et oublia même la prière
canonique. Les années passèrent et vint alors la dernière heure pour le
disciple. Sur
son lit de mort, il se retrouva entouré de la famille de sa femme, avec
aucun
musulman pour l’assister. C’est à ce moment que son Cheikh lui apparut, l’exhortant à dire La
ilaha
illallah, Il n’y a de Dieu que Dieu, la parole qui si elle est prononcée
à la
fin de la vie assure la félicité éternelle. C’est ainsi que le disciple
fut
sauvé. Les soufis disent que l’on ne connaîtra la valeur du Maître spirituel
qu’au
moment de la mort.
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