Sidi al-Hajj al-‘Abbas Qadiri Boutchich est né en 1890 à Bouyahyi au sud de Ahfir, dans le Nord-Est Marocain. À la mort de son père al-Hajj al-Mokhtar en 1914, Sidi ‘Abbas s'employa à faire fonctionner la zawiya de Madagh en compagnie de son grand frère al-Makki qui succèda à son père défunt dans la direction spirituelle de la confrérie Qadiriyya Boutchichiyya. Sidi 'Abbas s’occupait quant à lui des activités agricoles.


Ces dernières prirent une dimension relativement importante lorsqu’il devint le vice-président de la chambre Marocaine d’Agriculture d’Oujda, fonction qu’il occupera jusqu’en 1951 pour devenir délégué de cette même chambre au conseil du gouvernement. Parallèlement, et à la mort de son frère aîné Al-Makki en 1936, il continua le développement des locaux de la zawiya qui était jusque-là restée aux dimensions de la petite maison de son père, le cheikh Mokhtar, mort en 1914.

 

 Sidi Boumediene Qadiri Boutchich (1873-1955), fils de sidi al-Menwar, fils de sidi Mokhtar Qadiri Boutchich le Grand ou le Second (m. vers 1852), cousin germain de sidi Mokhtar Qadiri Boutchich (1853-1914), troisième du nom, est né au lieu dit Tarharabt, dans la zone de Taghjirt, au nord-est du Maroc, à proximité de la frontière algérienne.

 

Il a fait sa scolarité à Madagh et y a pris l’enseignement Qadiri des mains de son cousin, Sidi Mokhtar le troisième, dans le courant des années 1900. Il était à ses côtés en 1907, dans la résistance contre la pénétration de l’armée française dirigée par le maréchal Lyautey.

 C’est auprès de Sidi Hamza al Qâdiri al Boutchichi, cheikh actuel de la tarîqa, qu’il faut recueillir les prémices de sa quête :


Ce hadith sublime renferme des trésors de consolation cachés concernant l’amour détaché porté à ses frères et aux connaissants d’Allah. Il annonce la bonne nouvelle de les rejoindre avec un amour sincère.

 

Le musulman est le frère du musulman, ils se doivent tous, selon un hadith bien connu, d'être comme les membres d'un seul corps : si un membre souffre, tous les autres membres lui doivent solidarité et soutien.

Quelque soient leurs tendances, leurs doctrines, leurs origines, ou leurs cultures, les musulmans doivent veiller à l'union, l'entente entre eux et l'entraide. Le respect des opinions et des convictions des autres est la règle d'or en Islam. Les musulmans doivent ainsi travailler en commun et être solidaire dans un esprit d'amour et de fraternité, ceci pour le bien de la communauté et de l'humanité.

Favoriser l’entente entre les musulmans est une action des plus méritoires en islam, en ce sens même la parole mensongère est licite pour réconcilier deux personnes !

 C’est à travers une longue succession d’éducateurs spirituels que la Tariqa al Qadiriyya s’est développée au Maroc. Plusieurs gnostiques vont à travers les siècles revivifier la tariqa al Qadiriyya qui va successivement adopter leur nom.

 Le premier d’entre eux est Abû’l-Hassan al-Shadili, disciple de ‘Abd al Salam Ibn Mashish dont l’enseignement remonte à Sidi Bû Madyan. Il est né près de Ceuta en 593/1193. L’influence de sa tariqa, connue sous le nom de Shadiliyya, s’est étendue de l’Afrique du Nord jusqu’au Hidjaz. Son enseignement soufi, essentiellement sunnite, s’inspirait de Jûnayd. Son deuxième successeur, Ibn ‘Atta Allah d’Alexandrie (mort en 709/1510) est l’auteur du fameux petit recueil de sagesses, les Hikam.