Au Nom du Clément Miséricordieux
Testament béni

Louanges à Allah Seigneur des mondes, et prière et paix sur Seyyiduna Muhammad le prophète fidèle et respectueux du dépôt, la miséricorde offerte aux mondes, le meilleur guide jusqu’au jour de la résurrection et du jugement ; sur sa famille et sa descendance purifiées, et qu’Allah agrée tous les savants consciencieux qui invoquent Allah abondamment parmi le nombre (multitude d’élus) autorisé (par Allah) et le groupe des héritiers (muhammadiens).

La voie qui guide vers Allah, et le chemin qui mène vers Lui par l’enseignement de l’invocation est – chez les gnostiques (connaisseurs) à travers toutes ses stations – la voie la plus droite et l’itinéraire le plus clair, elle est chez ceux qui ont goûté les délices de la foi, la plus grande guidance et la plus réussie des méthodes.

C’est dans la voie que se dissipe les voiles des cœurs de ceux qui s’y apparentent, et où les ennuis disparaissent . C’est par la voie qu’on atteint, dans l’enceinte de la Subtilité (Bienveillance) et la Protection, les stations des purs.
C’est à travers elle qu’on parvient à la science qui permet d’adorer Allah véritablement avec une sincérité (culte sincère) épurée des tracas.
Après tout ce qui est au-delà (après), jusqu’à l’infini, il n’y a d’existence que pour Allah, et avant tout ce qui précède (est avant), jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de connaissance (conscience), il n’y a d’existence que pour Allah.

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145. S’il t’arrive de commettre un péché, que cela ne te fasse pas désespérer de parvenir à la droiture dans ton comportement avec Dieu : il est possible que ce péché soit le dernier que t’ait imposé la destinée.

 

 

L’itinérant véridique, ou encore, celui qui parvenu à la réalisation spirituelle (taqīq), est comparable à un cavalier qui s’enfonce dans la bataille avec zèle, et qu’on voit presque prendre son envol du fait de sa vitesse. S’il lui arrive de trébucher ou de tomber, s’il commet une erreur ou une incartade, il se redresse fermement sur son étalon et revient à la charge jusqu’à atteindre son objectif. Mais s’il tombe et qu’il reste vautré à terre, ce sera chez lui un signe de mollesse et d’incapacité à atteindre son objectif. S’il t’arrive, ô disciple, de commettre un péché, que cela ne te coupe pas de Dieu et ne te fasse pas désespérer de parvenir à la droiture dans ton comportement avec Lui, car alors tu éprouverais doublement le caractère néfaste de la désobéissance, et la calamité et l’épreuve te toucheraient plus gravement. En effet, il est possible que ce péché soit une miséricorde pour toi et la cause du réveil de ton assoupissement, comme il a pu être cause de lassitude et de nonchalance. Alors quand tu tombes, relève-toi, et quand tu te lèves, redouble d’effort, car il se peut que ce péché soit le dernier qui t’ait été destiné.

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Sagesses et leçons du récit de l’ouverture de sa poitrine[1] 

 

     1- Le grand savant Ibn al-Munayyar a dit : « L’ouverture de sa poitrine – sur lui la grâce et la paix – et sa capacité à endurer cela est du même ordre que l’épreuve que Dieu infligea à celui qui fut offert en sacrifice[2] et qui endura celle-ci. Ce fut même plus pénible et plus éprouvant car le sacrifice ne fut que symbolique, tandis que l’ouverture de la poitrine s’est effectivement réalisée. De plus, elle s’est répétée à plusieurs reprises et s’est produite quand il était petit, orphelin et loin des siens.

 

 

hikam


Réalise (intérieurement) quelles sont tes qualités, Il te gratifiera des Siennes ; sois conscient de ton humble condition (dhull), Il t’aidera de Sa Puissance (‘Izza) ; sois conscient de ton impuissance (‘ajz), Il t’assistera de Son Pouvoir (Qudra) ; sois conscient de ta faiblesse, Il t’appuiera de Sa Force (Hawl) et de Sa Vigueur (Quwwa)

 




Nous présentons ici la Hikma n°181 du recueil des paroles de sagesse. Dans cet aphorisme, Sidi Ibn ‘Atâ Allâh exhorte l’aspirant (à la Connaissance de Dieu) à réaliser intérieurement les attributs de la servitude (ubûdiyya), à savoir, la pauvreté spirituelle (al faqr), l’humilité et l’impuissance.

Dans cette Hikma, Sidi Ibn ‘Atâ Allâh dit : “Réalise (intérieurement) quelles sont tes qualités, Il te gratifiera des Siennes ; sois conscient de ton humble condition (dhull), Il t’aidera de Sa Puissance (‘Izza) ; sois conscient de ton impuissance (‘ajz), Il t’assistera de Son Pouvoir (Qudra) ; sois conscient de ta faiblesse, Il t’appuiera de Sa Force (Hawl) et de Sa Vigueur (Quwwa)”.

Sidi Ahmed Ibn ‘Ajîba entame son commentaire par le rappel d’un principe fondamental du Tawhid (attestation de l’Unité Divine) : à chaque attribut de la servitude (al ‘ubûdiyya) correspond son contraire, un attribut de la Seigneurie (Ar Rubûbiyya). Ainsi, face à la Richesse (Al Ghinâ) de Dieu, on trouve la pauvreté (spirituelle) du serviteur (al faqr). De même, la Puissance (Al ‘izz) de Dieu fait face à l’humilité du serviteur. Son Pouvoir (Al Qudra) s’oppose à l’impuissance (‘ajz) du serviteur. Enfin, la Force (Al Hawl) et la Vigueur (Al Quwwa) du Seigneur Tout-Puissant s’opposent à la faiblesse du serviteur.