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Basé sur le chapitre « Le contentement » du livre Haqâ-iq ‘ani attassawwuf du cheikh Abdelkader ‘Issa

Le contentement (arrida), est un état du cœur. Le croyant, qui atteint cette station, est capable d’affronter les aléas de la vie et les problèmes avec foi, sérénité et un cœur apaisé. Il pourrait même aller au-delà de cela en ressentant de la joie à la rencontre des choses prédestinées, grâce à la connaissance de Dieu et son amour sincère envers Lui.

 

Sidi Ahmad Ibn ‘ajîba nous définit succinctement « ArriDâ »:

 « Le contentement est d’accueillir les fatalités avec un visage souriant, ou une joie du cœur à l’arrivée du destin, ou de laisser le choix à Dieu dans ce qu’il entreprend et décide, ou une dilatation intérieur et la non objection de ce qui vient de la part de l’Unique tout Puissant ».

(Glossaire de la terminologie soufie du Shaykh Sidi Ahmad Ibn ‘Ajiba)

Le savant Albakrâwî raHimahu Allah disait aussi : 

 « Le contentement est le bien être intérieur, quelque soit ce qui l’atteint ou le dépasse, sans changement ».

Le contentement est plus noble que la patience, c’est en effet une paix spirituelle qui fait aimer au croyant tout ce qui plait à Dieu. Il voit même les épreuves de la vie comme étant un bien et une miséricorde.

 

9782908606737

 

 

A?mad al-‘Alaw? : Lettre ouverte à ceux qui critiquent le soufisme (Éditions Entrelacs, Paris, 2011)

Titre original : Al-Qawl al-ma‘r?f fî al-radd ‘al? man ankara al-ta?awwuf

Traduction de l’arabe, notes et préface de M. Chabry ; introduction de J. Gonzalez 

      Nous profitons de la présente réédition pour faire le compte rendu de cet ouvrage du cheikh al-‘Alaw? qui n’a, depuis sa rédaction en 1920, rien perdu de son actualité ; les thèmes qui y sont exposés sont en effet de ceux qui reviennent de manière récurrente chez les adversaires du soufisme à toute les époques ; et le développement de plus en plus généralisé d’un intégrisme vidé de toute spiritualité, favorisé en cela par la dégénérescence des sociétés traditionnelles, fait de ce livre une œuvre plus que jamais porteuse d’un savoir utile.

 

La « science de la certitude » est ce qui résulte de la démonstration (burhan)

La « vision de la certitude » est ce qui résulte du dévoilement (kashf) et de l'évidence (bayan)

La « vérité de la certitude » est ce qui résulte de la vision contemplative et essentielle (shuhud wa iyan)

La science de la certitude est réservée aux intellectuels parmi les croyants ; la vision de la certitude appartient à ceux qui sont dotés d'intuitions mystiques parmi les aspirants à la vision directe ; et le vérité de la certitude appartient à ceux qui sont enracinés et fermement établis dans la station de l'excellence.

On peut illustrer cette gradation par une comparaison : l'homme qui aurait entendu parler de la Mecque sans l'avoir jamais vue sait, par la science de la certitude, que cette ville existe ; puis, lorsqu'il s'en approche et l'aperçoit, mais sans y pénétrer, il acquiert la vision de la certitude ; enfin lorsqu'il entre dans la ville, en découvre les rues et les sites, il possède la vérité de la certitude.

Ainsi en est-il pour la connaissance du Vrai – Exalté soit-il !: les gens du voile cherchent des indications qui les mènent à la science de la certitude ; les gens du voyage parmi ceux qui aspirent à l'extinction dans l'Essence obtiennent la vision de la certitude au moment où ils sont illuminés par les lumières du monde spirituel et où les ténèbres des formes sensibles se retirent d'eux ; ils demeurent néanmoins dans la stupéfaction de l'extinction, sans s'établir durablement dans la vue du Vrai.

Quand enfin cette vue les saisit à jamais et qu'ils s'enracinent solidement dans la connaissance, ils obtiennent la vérité de certitude : c'est alors le bienfait suprême et le comble de la béatitude.

Que Dieu nous accorde la grâce de compter parmi ces favorisés !

 

In "L'ascension du regard vers les réalités du soufisme" de Ibn Ajiba

 

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Sache – qu’Allah te secoure ! - que le jeûne, c’est l’abstinence et l’exaltation. On dit du jour qu’il «jeûne» (sâma) lorsqu’il culmine. Imru-l-Qays a dit: «Lorsque le jour s’éloigne et jeûne», c’est-à-dire lorsqu’il atteint son sommet. Le jeûne a été appelé ainsi parce qu’il s’élève en degré au-dessus de toutes les autres oeuvres d’adoration. Il l’a élevé -gloire à Sa transcendance - en niant toute ressemblance entre lui et ces oeuvres.» Nasâ’î rapporte cette parole d’Abû Umâma : «Je m’approchai de l’Envoyé d’Allâh (saw) et lui dis : «Donne-moi un ordre que je prendrai directement de toi !» Il répondit: «Adonne-toi au jeûne, car il n’a pas de semblable». Le Très-Haut a dit à Son propre sujet : «Rien ne Lui est semblable». Le jeûne n’est pas un acte mais l’abandon d’un acte. La négation de toute ressemblance est elle-même un attribut négatif, ce qui renforce l’analogie entre le jeûne et Allah.